Sortie: 15 juillet 2009
> L'histoire: Armand Lacourtade, 43 ans, vendeur de matériel agricole, ne supporte plus sa vie d'homosexuel célibataire. Quand il rencontre Curly, une adolescente qui n'a pas
froid aux yeux, il vire de bord. Pourchassés par tous, ils bravent tous les dangers pour vivre cet amour interdit. Ils finissent par créer un drôle de couple. Mais est-ce vraiment de ça dont
Armand avait rêvé ?
Avec une histoire pareille, celle d'un homosexuel d'une quarantaine d'années s'éprenant d'une jeune adolescente à la libido débridée, Le roi de l'évasion a
tout pour intriguer. Un sujet loufoque, à l'image de ce film, quelque peu étrange. Pour son troisième long métrage, Alain Guiraudie plante ainsi sa caméra
dans une campagne française comme on l'a jamais vu. Dans ses terres retranchées, les paysans du coin, rongés de désirs homosexuels, assouvissent leurs fantasmes en croquant à pleines dents
une plante au nom aussi fantasque qu'elle est aphrodisiaque: "la dourougne". C'est dans cette ambiance, aussi gai que gay, que se rencontreront Armand et Curly, deux solitaires, d'une vingtaine
d'années de différence. Soudainement attirés l'un part l'autre. Dès lors, le film se transformera en une course poursuite à travers champs et bois, nos deux anti-héros ayant décider de courir
toujours plus loin pour vivre leur amour au grand jour. A même le sol de la forêt. Aussi libertaire que libéré, Le roi de l'évasion est une oeuvre
singulière dans le cinéma français. Soit une particularité qu'Alain Guiraudie cultive au fil de sa filmographie. Dans son long métrage, il donne ainsi la part
belle aux corps, loin des canons de la beauté que donne à voir le cinéma. Chez lui, tout le monde couche - avec tout le monde ?. Peut importe l'âge. Peut importe la carrure.
Pourtant, dans sa cavale sensuelle et extravagante, le film pêche par un scénario bien trop léger pour tenir la
distance. Perdant vite de sa vitalité pour laisser place à un rythme plutôt mou. Le roi de l'évasion n'est ainsi pas une oeuvre forcément facile, par une
écriture volontairement en décalage constant mais qui a plutôt tendance à laisser de côté. A l'image de ce rêve, finalement incongru. Une déception relevée, néanmoins, par des seconds rôles aussi
désopilants que certaines situations. Du flic obsédé, sortant de l'ombre toujours au bon moment, brillamment interprété par François Clavier, au papi
extrêmement bien membré, Le roi de l'évasion tisse le portrait un peu fou d'une campagne bien loin de ce que l'on peut voir dans un Raymond Depardon. Farfelu sans être totalement aboutit, le film d'Alain Guirardie se révèle être une oeuvre tout à fait à part. Une
sorte parenthèse ensoleillée un peu bizarre en cette période estivale qui, elle, ne l'est pas forcément.
> Festival international de Cannes 2009: Quinzaine des réalisateurs
Crédit photo: Les films du losange






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