COUP DE COEUR
Sortie: 29 juillet 2009
> L'histoire: Tout juste sorti de son foyer d'accueil, Tommo, 16 ans, fuit les Midlands pour se rendre à Londres. Marek, lui, vit avec son père, un ouvrier du bâtiment
polonais porté sur la bouteille. Timide et sensible, le jeune Marek est passionné de photo et se sent mal à l'aise dans l'univers de son père. La rencontre inopinée de ces deux garçons un peu
paumés dans le quartier de Somers Town à Londres les conduira à former une drôle d'alliance.
A travers Somers Town, Shane Meadows peint le portrait de deux âmes en peine. Tomo, orphelin et petite brute au grand
coeur, vivant à la rue, et Marek, photographe à ses heures, partageant un appartement avec un père absent. Deux solitaires amenés à se croiser, au hasard d'un café. Avec pudeur et réalisme,
le cinéaste britannique livre une oeuvre aussi solaire qu'aérienne, comme une sorte de parenthèse enchantée, le temps d'un été, à Londres. Ensemble, Tomo et Marek rejoueront leur propre
400 coups, comblant le vide de leur existence par des petits larcins et autres conneries de jeunesse. Avec la sensation d'être libres comme l'air, en
l'absence d'une figure parentale, capable de les cadrer. Mais entre les vols et les bitures à l'alcool, Tomo et Marek tomberont surtout amoureux, d'une serveuse française aussi douce que
jolie.
Par l'utilisation d'un noir et blanc crépusculaire, Shane Meadows fait de Somers Town une oeuvre comme hors du temps.
Magnifiant aussi bien ses personnages que la ville de Londres, elle qui n'était pas paru aussi belle depuis longtemps dans ses nuances de gris. Retrouvant, aussi, pour l'occasion
Thomas Turgoose qu'il avait lancé dans This is England. Il est touchant dans ce rôle de Tomo, apportant une gouaille
et un physique nécessaire à cet sorte de pied nickelé. A bien des titres, Somers Towm est ainsi de ses petits bijoux de poésie et de tendresse qu'il fait
toujours plaisir de découvrir de temps à autre. Et si derrière le rire se cache toujours une certaine réalité, représentatif, par exemple, par ce travestissement de Tomo, obligé de
s'habiller en robe suite au vol de ses affaires, le film, lui, est une vraie bouffée d'air frais, comme un hériter lointain d'une certaine Nouvelle vague. Un morceau de vie. Un instant de
bonheur. Court et idéal en son genre.
> Festival de Berlin 2008: sélection officielle
> Festival d'Edimbourg 2008: Meilleur film anglais
> Festival du film britannique de Dinard 2008: Soirée de gala
Crédit photo: Ad Vitam








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