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Soie / Silk / François Girard

Publié le 14 août 2009 par Limess

Soie / Silk / François Girard


Sortie: 05 août 2009

> L'histoire: Au tout début des années 1860, une maladie ravage les élevages européens de vers à soie. Même les oeufs de provenance aussi lointaine que l'Inde et l'Afrique sont infectés, et le commerce entier de la soie en Europe semble condamné. Hervé Joncour, un jeune officier marié à une femme dévouée, Hélène, est chargé par les éleveurs de Lavilledieu d'une périlleuse mission : il doit se rendre en secret au Japon, l'île fermée aux étrangers, qui produit la plus belle soie du monde pour y acheter des oeufs sains...

Adapté d'un roman d'Alessandro Baricco, Soie, de son affiche à sa tagline kitsch ou sa bande annonce prophétique, avait tout pour être une des bonnes guimauves de cette été. Le genre à faire pleurer les chaumières tout chavirant le coeur des femmes, frustrées, telle des Madame Bovary en puissance, dans une existence ordinaire. D'où la déception à la découverte de ce long métrage, ni romantique, ni idéal, mais d'un ennui sans nom, d'une lourdeur pesante. Il suit Hervé Joncour, un français (?) fraîchement marié, envoyé au Japon le temps d'un voyage d'affaire, récupéré des vers indispensables à la fabrique de soie du coin. Dans ses contrées reculées, il sera surtout troublé par la beauté exotique d'une jeune chinoise, bougeant, tel un robot, en permanence au ralenti. Brisant peu à peu sa vie parfaite, l'éloignant de sa femme aimante et de toute logique rationnelle. Le film s'apparente ainsi à une réflexion sur le pouvoir de l'imagination, la force du fantasme non assouvit, comme une belle leçon de vie. Et malgré un sujet finalement assez intéressant, Soie peine pourtant à passionner, faute d'un réalisateur bien trop fainéant en son genre.

Soie / Silk / François Girard
Si le film se construit autour de voyages au Japon, faisant, dès lors, de multiples allers et retours entre la France et l'Asie, entre la campagne et le dépaysement oriental, François Girard se contente, lui, de filmer les trajets. Répétant inlassablement les mêmes plans comme pour signifier la redondance des faits. Calèche, train, barque et balade en chevaux avant de revenir en bateau, Soie propose ainsi plusieurs fois les mêmes images. Seul le cadre y change, comme ci François Girard, pressé par le temps, avait eu la bonne idée de ne faire qu'une seule et même prise, filmée par plusieurs caméras. D'où la sensation de fatigue face à ses répétitions, plombant un récit en totale stagnation. Car entre les expéditions, rien ne changent, le scénario ne donnant aucune dimension particulière, ni intensité, à son récit. Tout est joué d'avance, l'histoire tirant une à une, et de manière attendue, les cartes de la culpabilité, de la souffrance ou de la rédemption, de manière tout à fait téléphoné. Pourtant, le film aurait pu être une belle oeuvre sur la création du désir si là, encore, François Girard n'avait pas chaussé ses gros sabots. Rendant risible tout semblant de sensualité en appuyant lourdement sur certaines parties du corps de cette chinoise, aussi mystérieuse que muette. Éreintant et assommant, Soie manque donc cruellement de passion pour capter l'attention. Tout comme d'acteurs réellement convaincants, à l'image de Keira Knightley, enfermée dans un rôle bien transparent. Un film plat et particulièrement fadasse.

> En bonus, la critique de notre Voisin Blogueur, seul contre tous dans la protection de cette grande oeuvre sur "la faiblesse d'un homme".

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Crédit photo: Metropolitan FilmExport 

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