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Martine Aubry et le printemps des Verts

Publié le 20 août 2009 par Exprimeo
Les régionales se préparent dans la douleur pour le PS. Forts de leur succès en juin, les Verts semblent décidés à faire monter les enchères. Dans les années 70, l'écologie a pris naissance à partir d'auteurs se revendiquant d'une nouvelle "grille d'analyse". L'un de ces auteurs était Philippe de Saint-Marc qui, dans les années 70, était le pionnier de l'écologie. Ancien Président de la Mission d'Aménagement de la Côte Aquitaine, Professeur du 1er cours sur la politique de l'Environnement à l'IEP de Paris, auteur d'un best seller ayant pour titre " Socialisation de la nature ". Le retour aux concepts alors développés traduit l'immensité de l'échec des Verts. Que développaient les écologistes à cette époque ? Leur analyse était simple : les critères traditionnels habituellement utilisés comme le PNB, le niveau de vie, la consommation d'énergie, la production industrielle ou agricole devaient être considérés comme des signes de l'activité et non pas des marques de satisfaction. Dés cette époque, être écologiste, c'est défendre l'idée que la société telle qu'elle fonctionne n'est pas une société de progrès mais une société de régression parce qu'elle porte en elle un gaspillage massif, intensif et croissant de l'homme. Ce militantisme conclut à l'autodestruction puisque l'homme est atteint dans ses trois aspirations vitales : - être, - se réaliser, - fraterniser. Face à ce constat, les auteurs de l'époque revendiquent trois modifications dans la politique conduite : - la mise en oeuvre d'une politique de l'aménagement du temps comportant une meilleure organisation du temps de travail de nature à ouvrir d'autres temps individuels, - une politique d'aménagement de la terre qui soit plus économe et plus respectueuse des équilibres naturels, - une politique des relations humaines favorisant un foisonnement des vies communautaires. Avec cet ancrage conceptuel, les écologistes n'ont pas vocation à offrir une alternance dans un même système mais une véritable alternative pour un autre pouvoir. Progressivement, les écologistes se sont inscrits dans la bipolarisation classique du régime de la Vème République. Ils ont perdu en originalité de pensée pour rejoindre la grille de lecture socialiste et s'inscrire dans son schéma relativement homogène. Effectuant ce pas, les Verts se sont intégrés dans une composante de l'élite politique nationale et locale et sont donc devenus une composante, comme les autres, d'un système politique qu'ils prétendaient pourtant fondamentalement récuser les critères fondamentaux. Ce glissement s'est accompagné de la mise en oeuvre d'alternances aux contenus insuffisamment clivants pour réduire l'alternance politique à la seule alternance de personnes. Après avoir accepté des " règles du jeu " qu'ils dénonçaient, les Verts ont même directement participé au "jeu politique" ; c'est donc la reconnaissance d'une "alternative simulée". Au titre de l'efficacité politique, les Verts sont devenus les représentants d'une idéologie qui n'a plus rien à dire de spécifique. Ils ont perdu la dimension morale initiale. Ils sont devenus une composante de l'élite qui suscite le besoin de vengeance parce que non seulement elle ne permet pas au grand nombre de sortir de la crise mais encore cette élite est épargnée des maux ordinaires subis par le grand nombre. Etre Vert ne signifie donc non seulement rien de nouveau mais surtout rien de différent. Le succès de juin 2009 pourrait faire oublier cette réalité. Mais ce score n'est-il pas une hirondelle bien loin d'annoncer un printemps politique pour les Verts dès l'instant qu'ils participeront à des scrutins dotés d'enjeux concrets de gestion ?

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