Sortie: 05 août 2009
> L'histoire: Zion, 14 ans, et son frère Meir, 17 ans, sont en conflit après un terrible accident de train, dans lequel leur voisin, un immigrant éthiopien, a été tué. Les
deux frères responsables de la mort de celui-ci décident de garder leur secret...
Présenté au festival de Sundance, Zion et son frère, premier film du cinéaste Eran Merav, trace la chronique quotidienne
d'une famille israélienne disloquée, déchirée par l'absence d'un père et d'un cruel manque d'argent. Comme si le soleil radieux se transformait toujours en projecteur des drames les plus
cruels et intimistes. Autour d'une intrigue minimaliste, à savoir le vol puis besoin d'une paire de basket, comme pouvait le faire cinquante ans auparavant le néoréalisme italien, le cinéaste met
l'humain, rien que l'humain, au centre de son drame familial. Autour d'une galerie de personnages extrêmement forts. Il y a Ilana, d'abord, dont la personnalité et le charisme de
Ronit Elkabetz lui apporte une sensualité incroyable, mère de famille, prête à tourner la page de son histoire personnelle et de reprendre son rôle de femme.
Quitte à délaisser un peu ses enfants. Quitte, aussi, à perdre un peu dignité dans les bras d'un homme riche. Meir, l'aîné, beaucoup trop protecteur, portant sur ses jeunes épaules le poids d'une
figure paternelle absente. Un personnage extrêmement complexe, aux éclats de violence aussi imprévisibles que puissent l'être ses marques d'amour envers son petit frère. Zion, donc, témoin
involontaire de cette détresse et agressivité qui rongent, chaque jour, un peu plus sa famille. Victime de son trop jeune âge.
L'atout majeur de Zion et son frère tient ainsi de ces relations, comme bipolaires, entre ces personnages, passant sans cesse de l'amour et la haine, dans des
scènes d'une touchante simplicité. Car si Meir est capable des pires horreurs envers son frère, il est aussi le premier à le protéger et à l'emmener en virée, le temps d'une soirée, apprendre à
enfin devenir un homme. Jusqu'à ce que survienne un accident, brisant définitivement ce bien trop fragile équilibre qui fonctionnait entre eux. Sensible et particulièrement bien écrit,
Zion et son frère est, donc, une oeuvre humaniste aussi attachante qu'envoûtante. De quoi regretter sa trop grande sobriété, l'empêchant de dépasser
son côté éphémère, malgré son charme incontestable.
1. Ronit Elkabetz: La fille du RER
> Festival de Sundance 2009: Fictions étrangères en
compétition
> Festival Paris Cinéma 2009: Long métrage en compétition internationale
Crédit photo: MK2 Diffusion








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