Magazine France
Derrière les bonus bancaires, toute une conception des salaires
Publié le 25 août 2009 par Bernard GirardElle risque d'autant plus de l'être que la banque est l'une des rares secteur dont certaines activités fonctionnent sur des marchés du travail vraiment globaux. Tant que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne prendront pas des mesures pour lutter contre ces modes de rémunération, il ne se passera probablement pas grand chose.
Son offensive pourrait cependant être utile si elle conduisait à une réflexion sur les politiques salariales que tous les grandes entreprises ont retenues depuis bientôt trente ans pour résoudre deux difficultés apparues dans les années 80 :
- une compétition accrue, liée à l'ouverture des marchés, qui les a amenées les moyens d'assurer une plus grande flexibilité de leur masse salariale,
- un ralentissement des gains de productivité malgré la révolution information (d'où les propos sur le paradoxe de la productivité).
L'individualisation des salaires et leur indexation sur les résultats de l'entreprise (son chiffre d'affaires, le cours de ses actions…) ont été l'un des éléments majeurs de la réponse apportée à ces deux difficultés (aux coté de quelques autres, comme l'externalisation, la sous-traitance, l'utilisation de contrats de travail précaires). Les bonus ne sont que l'une des expressions de cette politique dont il serait temps de tirer les conséquences qui n'ont pas toutes été heureuses.
Ces politiques de rémunération ont contribué à creuser les inégalités entre salariés (entre ceux qui percevaient des bonus extravagants au nom de leurs performances et ceux qui n'en percevaient pas…). Elles ont réduit le poids des salaires dans les coûts des entreprises (encore qu'il serait à vérifier que les bonus, stock-options et autres "benefits" qui n'entrent pas dans le calcul des masses salariales ne coûtent pas très cher). Elles ont échoué à améliorer la productivité pour un motif tout simple : la productivité n'est jamais une affaire individuelle.
Il sera intéressant de suivre dans les mois qui viennent les discussions que les spécialistes de ces questions, les directeurs des ressources humaines et les consultants qui les conseillent, auront sur ces sujets. On peut parier que les résistances à tout changement dont ils sont les premiers bénéficiaires seront fortes.
Ces articles peuvent vous intéresser :
-
Mobilisation générale des élus derrière François Hollande
Mercredi 23 novembre, François Hollande a rencontré les maires socialistes et républicains à l'occasion d'un déjeuner organisé par la FNESR (Fédération national... Lire la suite
-
L'homme derrière les mouvements canadiens d'«Occupons» se dit déçu
Les indignés l'ont rangé du côté des expériences qui changent le cours d'une vie, tandis que les commentateurs y ont vu une voix puissante dans la conversation... Lire la suite
-
derrière la vitre : l'arbre réel
-
Aubry : «je veux appeler tous ceux qui ont voté pour le changement à réunir leur...
Retrouvez la déclaration de Martine Aubry suite aux résultats du premier tour en direct de Solférino : «je veux appeler tous ceux qui ont voté pour le changemen... Lire la suite
-
Cette crise qui n’en finit pas d’être derrière nous
La nouvelle patronne du FMI doit se réjouir de son nouveau poste : il la met à l’abri loin de l’ouragan de crottes compactes qui va s’abattre... Lire la suite
-
Véritable unanimité en Alsace derrière le choix Wehrling pour les européennes...
Il n'y a aucun doute possible, tous les Alsaciens du Mouvement Démocrate sont enchantés et ravis de la liste qui leur est proposé par les instances nationales. ... Lire la suite
-
Le pouvoir d’achat est-il caché derrière l’écran publicitaire ?
L’un des plus ardents combats de notre président de la république Tsarkozy est incontestablement la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision... Lire la suite
13
LES COMMENTAIRES (1)
Ajouter un commentaire