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Oublier le pétard mondain

Par Philippe Di Folco
Traverse une vraie crise... j'entre en dépression (ça se fissure... ça s'effondre...). Voilà. Je sors de ma retenue pour aussitôt y replonger parce que cette descente ne dure jamais que quelques heures, le temps d'un cauchemar éveillé (en gros, toujours le même scénario : "des gens en gris arrivent et m'embarquent sans raison, je suis nu et muet").
Ecouté ce matin une radio d'Etat qui me colmate l'esprit, surtout la nuit, où un animateur incertain (j'ai cru remarqué qu'un bon nombre de ces diplômés de Sciences Po qui veulent "cumuler dans les médias et donc faire dansla tévé", mais je me trompe sans doute, ne chie plus jamais dans la soupe qui leur sert substantiellement d'aliment) recevait Bernard-Henri Lévy pour son nouvel essai, Ce grand cadavre à la renverse (Grasset) un bilan semble-t-il, car je ne l'ai pas encore lu, "efficace" sur les crises qui affectent une partie de la Gauche depuis que certains membres historiques répondent aveuglément et positivement aux amalgames populistes de la Droite. Amusé par l'emploi que cet écrivain (Il a dit : "Je ne suis qu'un écrivain...") aura fait de certains mots comme "salaud", "connard", etc., pour qualifier ici les staliniens, là les "politiques qui ne sont pas à leurs places" (Sartre, toujours lui) et le plus souvent "le nationalisme français déplacé quant à l'idée d'une Europe sans frontière". Un côté "éternel jeune homme en colère" parfois réconfortant (un jeune homme qui ne bafouille pas, n'étale pas trop son savoir, qui partage, communique, je veux dire qui semble se situer "du côté de la Cité"). Quand il dit, il me semble, "qu'il y a deux partis socialistes", "que ce livre ne vise pas les personnes mais leurs propos et leurs actes afin de proposer des concepts sur lesquels on puisse éventuellement rebâtir quelque chose", et qu'il ajoute aussi "qu'il n'a pas changé depuis Barbarie à visage humain : traquer les rouges-bruns (fascistes à l'extérieur et de gauche à l'intérieur)", et qu'enfin, quand un chroniqueur essaye de l'entraîner sur le terrain de l'antisémitisme (parce que Guéno aurait dit qu'il était "un mauvais français"... à vérifier, mais ça ne m'étonne pas de la part d'un aboyeur de ce qui n'est qu'un ancien bordel royal) et de répondre : "Je ne veux pas en parler [de l'aspect possiblement antisémite des mots de Guéno]", comme cet écrivain nous paraît soudain, en fin de compte, loin de l'image hystérique, vantarde, superficielle, etc., que l'on nous a vendu de lui (à son corps consentant, bien entendu, comédie humaine oblige et il ne s'agit là que d'une concession accordée sur son image, des photos, des mises en scène, une forrme d'abandon) ; que la radio puisse seule (mais ce serait ignorer son incroyable "bloc note" au Point, truffé, tissé d'insolence et de finesse depuis l'avant mai 2007), en fin de compte, rendre à la voix d'un intellectuel affirmé (et menacé donc, puisqu'aujourd'hui il faut être médiocre, belle injonction médiatique que celle-là d'où le martellement : "Je suis un intellectuel" et de ne pas s'excuser l'être toujours et encore) toute sa prépondérance et son ampleur NON SANS CETTE RETENUE QUI CARACTERISE LE BEL ESPRIT (français ?) ISSU DES LUMIERES. A l'heure qu'il est, c'est-à-dire au moment même où l'idée qu'un test ADN imposé par la Loi servira sous peu à unir ou désunir des familles afin d'économiser sur le budget des Allocations familiales puisse laisser indifférente toute ou partie de l'opinion, il nous fut donné à entendre un écrivain qui espère encore que certains auditeurs entendent vraiment. On en est là. Un pays de sourds ?
Le silence c'est la mort à venir, ce silence qui vient après une série de "délits d'opinion" et qui gangrène tout idéal. Lumières ou pas. L'attention, toujours et l'agir, surtout. Si c'est ça être un intellectuel, je veux bien tenter, essayer, risquer " l'aventure" petitement ou pas. De toutes façons, ici, maintenant, "nous sommes embarqués"...

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