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Québec : 77% des Québécois seraient favorables à l'euthanasie...

Publié le 31 août 2009 par Hermas
Un sondage a été publié cet été par le journal La Presse, selon lequel les Québécois seraient favorables à l'euthanasie. En effet, apprend-on, "77% des Québécois sont d'accord avec l'euthanasie". Certes, on ne sait pas bien ce que veut dire vraiment un tel sondage, compte tenu du caractère bien général de cette affirmation sur un sujet pourtant bien délicat. Qu'il nous soit permis quelques réflexions.

1°) Sur le sondage lui-même. On sait ce que valent les sondages et l'on sait que leur fiabilité est incertaine. On sait aussi que la formulation des questions ou le choix du panel peuvent conduire à des faux-semblants ou à des interprétations trompeuses. Au-delà de cela, on peut se demander s'il est légitime qu'une telle question soit traitée comme un sujet politique ordinaire, même si la démocratie moderne n'envisage pas que certains sujets puissent échapper à la volonté majoritaire, même si c'est au prix d'une incohérence et d'un grand danger. Comment refuser la peine de mort, refuser de promouvoir le suicide, condamner le meurtre et banaliser l'euthanasie ?
2°) Sur les résultats du sondage. Le titre choc des 77% favorables à l'euthanasie a marqué les esprits. Mais, en regardant les autres questions du sondage, plusieurs réponses s'avèrent intéressantes.

Ainsi, "72% des répondants pensent que les Canadiens devraient avoir le droit de refuser des traitements médicaux qui pourraient leur sauver la vie, même si ce refus entraînera certainement leur mort". Le refus de l'acharnement thérapeutique n'a pas la même signification, ni la même portée que l'euthanasie. Doit-on comprendre que les sondeurs ont opéré une confusion entre la seconde notion et la première ? Et, dans l'affirmative, peut-on la considérer comme involontaire ?

Si 85% des Québécois sont paraît-il d'accord pour permettre au médecin d'aider un malade à mettre fin à ses jours quand ce dernier est en phase terminale et qu'il éprouve d'intenses douleurs ou qu'il est dans le coma et qu'il avait déjà précisé qu'il souhaitait mourir s'il se retrouvait dans une telle situation,  58% seulement sont en faveur de l'euthanasie pour les gens atteints d'une maladie incurable qui les laissent tétraplégiques. En revanche, les trois quarts des répondants s'opposent à l'euthanasie d'un malade qui désire mourir en même temps que son conjoint et 50% s'opposent à ce qu'un parent puisse demander la mort d'un enfant qui souffre d'une forme grave d'une maladie comme la paralysie cérébrale. 

Selon  Margaret Somerville, directrice fondatrice du Centre de médecine, éthique et droit de McGill, « on peut déduire (du sondage) que les Québécois ont besoin d'une justification morale pour permettre l'euthanasie et qu'une souffrance terrible peut en être une pour eux ». Peut-être. Mais cela veut-il dire que pour les sondés l'humanité exige que l'on abrège les souffrances d'un adulte, mais pas d'un enfant (souffre-t-il moins ? n'a-t-il pas droit à la même "compassion" mortifère ?) ? Un tétraplégique incurable ne souffre-t-il pas autant qu'un malade atteint d'une maladie ? Qui en est juge ? 

On touche du doigt deux difficultés que les tenants de l'euthanasie occultent allègrement :

- où placer la limite une fois que l'on a autorisé à tuer pour la bonne cause ? Est-il possible de définir dans la loi qui doit mourir, alors même que chaque cas est différent et qu'une part de subjectivité entre en ligne de compte dans la définition de ce qu'est une souffrance intolérable ?

- qui doit en décider... Les héritiers, dont on sait qu'ils peuvent avoir des intérêts différents de ceux du malade ? Un comité scientifique désincarné ? Faudra-t-il un référendum pour décider de chaque cas ? Ce serait logique et démocratique...

Le problème est d'autant plus concret et important qu'en la matière une faute, une malveillance ou une erreur n'est pas réparable !


Une chroniqueuse militante explique les raisons, qui, selon elle, justifient la légalisation de l'euthanasie dans les termes suivants : "Car la question ne cessera pas d'être posée et reposée par les baby-boomers qui vieillissent, voient leurs parents mourir et n'ont pas envie de finir comme eux. Pas envie de voir leur corps devenir public dans des hôpitaux où on oublie ce qu'est l'intimité, la gêne, la pudeur. Pas envie d'avoir mal, très mal, en attendant que la fin arrive toute seule." (M-C Lortie, ICI). 

Mais s'il est évident que nous craignons tous de nous trouver un jour dans cette situation, je ne parviens pas à admettre que la seule solution qu'une société puisse proposer soit la mort : l'éradication de celui qui souffre. On ne peut qu'avoir l'impression que cette solution, au nom d'une prétendue compassion, traduit l'intention de se débarrasser de ceux qui nous font penser à la mort et qu'il nous est ainsi pénible de supporter. Mais la société ne devrait-elle pas au contraire faire preuve d'humanité ? Au lieu d'autoriser le meurtre sans pouvoir éviter les dérives, ni savoir jusqu'où une telle autorisation pourra finir par être donnée, ne devrait-on pas privilégier le développement des soins palliatifs, la lutte contre la douleur, bref aimer celui qui souffre et l'accompagner ? Mais ça coûte plus cher et c'est plus dur que de supprimer les mourants pour pouvoir continuer à feindre d'ignorer la mort... 

François Larivière (Montréal)

 
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LES COMMENTAIRES (1)

Par Mona
posté le 05 septembre à 02:06
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L’Euthanasie ! Une réflexion et un choix s’imposent.

Nous sommes de plus en plus confrontés à cette réalité, que ce soit pour nous, pour un de nos proches ou pour un ou une de nos amis. Il est clair que nous avons un choix à faire mais pour bien le faire et répondre au questionnaire en ligne du gouvernement, nous avons besoin de clarifications de la part de spécialistes médicaux sur l’euthanasie, le suicide assisté et l’acharnement thérapeutique et aussi nous entendre sur la définition du mot dignité car elle peut être différente d’une personne à l’autre dépendamment si elle est faite en fonction de l’être ou du paraître. Une fois, tout cela est clair dans notre esprit, nous pouvons décider soit de : 1) faire face courageusement à la souffrance et à la mort naturelle que ce soit pour nous ou nos proches, ou 2) choisir de hâter notre propre mort par peur de la souffrance et sous prétexte de ne pas déranger nos proches car nous nous sentons seuls, démunis et un fardeau pour notre entourage et en plus nous sentons une certaine pression de la part de certains hôpitaux qui ont besoin de notre lit. 3) choisir de hâter la mort de nos proches sous prétexte de les empêcher de souffrir, mais est-ce vraiment leur désir ? Ou bien, est-ce plutôt notre décision pour nous épargner car nous ne voulons pas faire face à cette réalité, ou encore parce qu’on n’a plus le temps ni la patience de nous en occuper ou bien parce que nous sommes à bout de force, le système médical n’aidant pas. Si nous optons pour la première possibilité, nous aurons peut-être l ‘occasion d’aller jusqu’au bout de notre condition humaine sans fuir la réalité de la souffrance, nous saurons apprivoiser la mort et la séparation avec la personne aimée en lui donnant de l’affection et de l’amour et en l’accompagnant jusqu’au bout de sa vie, par l’écoute et le réconfort. Si nous optons pour une des deux autres possibilités, peut-on vraiment parler de compassion et de qualité de vie dans les termes du dictionnaire ou bien va-t-on changer la signification des termes par besoin de nous déculpabiliser ? Si on veut vraiment appeler les choses par leur nom, ne s’agit-il pas plutôt de meurtre et de qualité de mort ? Et si nos gouvernements mettaient sur pied des lieux de soins palliatifs et d’équipe spécialisées pour nous aider nous et nos proches à traverser cette rude épreuve plutôt que d’adopter une loi qui donne aux médecins le droit d’achever nos vies plus vite à cause d’un besoin flagrant de lit dans les hôpitaux ? Ne nous aideraient-ils pas plus à mieux mourir ? Pour ma part, j’ai eu la chance d’assister à une Tribune de médecins s'opposant à l'euthanasie et prônant une fin de vie naturelle le mercredi 25 août au Centre Marcel-Dulude à St-Bruno… Cela m’a permis de démêler bien des choses pour être en mesure de prendre la bonne décision. Je souhaite que ce soit le cas partout au Québec avant que le gouvernement n’adopte à la hâte une décision à cause de certaines pressions politiques venant d’un groupe de personnes et non de la majorité des citoyens étant en vacances durant l’été et ne pouvant pas s’exprimer…

Monique Khouzam-Gendron

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