Pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, les régionales de mars 2010 ont commencé en septembre 2009. La charge contre la taxe carbone, l’excellente stratégie communicante de Martine Aubry quelque peu téléguidée par ses lieutenants de fortune ne peuvent toutefois pas masquer qu’il ne s’est rien passé à la Rochelle ! Ce sentiment m’a été d’ailleurs très largement confirmé par de nombreux militants socialistes que j’ai pu avoir récemment au téléphone.
Quelques certitudes et de nombreuses incertitudes !
Alors que Bruno Le Maire a été désigné comme tête de liste en région Haute-Normandie, les sondages récents donnent encore un léger avantage à la gauche ! Mais nous sommes à plus de 6 mois du scrutin. Et, autant le dire, rien, mais rien n’est joué d’avance ! Si Europe Ecologie a décidé de partir en autonomie au 1er tour pour la gagne selon l’expression de Yannick Jadot (avons-nous le choix ?), les couloirs du petit monde de la politique haut-normande bruissent de rumeurs. Une fois levée l’hypothétique présence des Verts dans une liste des rassemblement de 1er tour, reste la question du Modem, du PRG et du PCF. Le NPA et le Parti de Gauche, de leur côté, ont décidé de faire liste commune, en cohérence.
Dans la logique de territoire qui prévaut aux relations PS-PCF en Haute-Normandie dont on a pu mesurer toute la force lors des dernières cantonales de mars 2008, il est à parier que les barons des deux partis de la vieille gauche aillent ensemble au 1er tour. Restent les radicaux de gauche et le Modem. Et là, tout est possible. Ou bien ils y vont ensemble. Ou bien ils y vont avec Le Vern. Ou bien le Modem y va seul. Mais tout cela dépend très largement de ce qui se passera au Modem dans les jours qui viennent. Pour l’heure, aucune fumée blanche n’est encore sortie de la cheminée de la ferme du Gascon. Après des élections très difficiles, il prolonge un repos très mérité.
Le gestionnarisme, maladie infantile de la Mitterrandie
Sans doute encore traumatisés par l’expérience de 1981 à 1993, les bébés Mitterrand, toujours aux affaires, ont fait du gestionnarisme leur marque de fabrique politique. On a d’ailleurs pu en mesurer toute l’efficacité électorale en 2002. Jospin l’a dit et répété : “Nous avons un bon bilan.” L’inconvénient de la méthode Coué, c’est qu’elle ne s’applique qu’à soi-même. Sur Internet, les lieutenants du commandant Le Vern font sonner le son du clairon : “La Haute-Normandie toujours en tête des Régions les mieux gérées” ! Le portail Drakkaronline relaie le message de la nouvelle religion des socialistes haut-normands. Amen. Quels sont les critères utilisés par cet agence de notation, Public System Evaluation ? Mystère et boule de gomme. A la Rochelle, Madame Royal défendait “sa politique par la preuve“. Nous sommes dans le même registre… dit autrement.
Un bilan ou un projet ?
Le coup du bilan glablement positif
Pour le comptable de formation que je suis, on fait dire à un bilan tout et son contraire. Pour cela, il suffit de provisionner ou de reprendre les provisions des exercices antérieurs. Sur le plan politique, c’est la même chose. Vous mettez en avant de votre activité politique tout ce qui vous semble le plus profitable électoralement. Mais l’électoralisme, maladie sénile de la gauche politique française, suffit-il à lui seul pour provoquer l’adhésion des électeurs ? Permettez-moi d’en douter !
Mais à l’heure où nos conditions de vie sont changées en profondeur par la violence de la crise dans une région aussi industrielle que la Haute-Normandie, je crois que ce n’est pas de bilans dont nous avons besoin. Les Haut-Normands ont, avant tout, besoin d’une vision, d’une réponse qui privilégie le local, les circuits courts et la réponse citoyenne. Arrêtons de croire qu’il nous faut des nièmes machins qu’agitent des hommes politiques en panne de vision : agglo de Rouen et réunification de la Normandie. Or faire le choix d’hommes et de femmes, de droite ou de la vieille gauche, dont les modes de raisonnement sont englués dans le passé et à une vieille représentation de la société n’est pas de nature à nous permettre de trouver des solutions face aux très grands bouleversements que nous allons subir !
Pas de vision… pas de projets. Pas de projets… pas de dette. Je ne suis pas sûr qu’il faille se gargariser d’être de bons gestionnaires !!! A bon entendeur, salut.
Crédit photos : Netd@ys 2000, Coachline







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