"Oui, évidemment, un peu de marketing !"
Je le reconnais bien là. Le roi du teasing, cette technique de publicité utilisée par moi là, et bien avant par Séguéla. Oh, non, il ne faut pas croire les media qui récemment ont fait de Séguéla un grand cynique, bronzé par du soleil en tube tout au long de l'année. Il n'est pas si mauvais que cela, je le crois même bon quand il s'est agi de fabriquer des slogans que nous avons tous en mémoire sans même le savoir. Et parce que je suis une peste qui brûle ce qu'hier elle a adoré, je ne résiste pas à l'envie de rappeler, malgré cette apparente apologie, ce que Desproges disait de lui « Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! ».
Bref, il n'est pas question de Séguéla évidemment, mais d'un homme que je drague éhontément. Enfin, draguer est un peu en deçà de la réalité et puis cela a des relents marins vaseux qui ne me convient pas. En fait, je lui fais la cour. Oui, c'est cela, je le courtise. Je me pare pour lui de mes plus beaux atours. Je gonfle ma gorge, espérant que mon plumage chamarré saura le troubler, non pas tant par sa taille que par la chatoyance de ses couleurs. Je déploie devant lui toute l'étendue de mon ramage, muet hélas car mes mots il ne les entend pas. Il les lit peut-être parfois. Et si d'un paon j'avais le croupion sans hésiter pour lui je développerais ma roue. Ah, si seulement j'étais assurée que mieux que mon cul cela pouvait le chavirer !
Je pratique avec lui toutes les astuces de la conversation. Il me dit "non", je feins de ne pas en être émue. Il me fait miroiter un "oui", je fais celle qui ne l'a pas vu. Il me dit "pourquoi pas" et je ne réponds pas. Je roucoule ou criaille, cela dépend du ton de la conversation. Il m'agace, me fait perdre patience ? Je laisse alors transparaitre dans mes mots mon agacement histoire de voir s'il craint de me déplaire. Si à son tour il se tait, je ronge mes ongles et mon frein mais je me tiens coite, nan mais ! Il ne sera pas dit que devant lui je m'aplatirai. Je le suis suffisamment déjà, plate évidemment, et si je finis sans relief c'est certain qu'il m'ignorera. Mais si, croyez-moi, seuls les inconscients ou les naïfs ignorent que le désir de l'homme passe aussi par les reliefs de la femme, et si son paysage est plat comme la patrie de Brel il est fort à parier que son désir restera en berne. Et ça, avec moi, jamais !
Je considère sa réponse : "Oui, évidemment, un peu de marketing !". Ma réponse fuse, directe, sans…


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