Magazine Insolite

Pénurie = pléthore

Publié le 08 septembre 2009 par [email protected]

L’un de mes auteurs préférés, Didier Nordon, distille régulièrement un doux nectar dans son Bloc-notes de Pour la Science. Morale de l’une de ses rubriques, dans la livraison de septembre 2009 : « Par divers moyens on arrive à pareille fin » (Montaigne). En l’occurrence, Didier Nordon explique comment, dans nos sociétés marchandes, l’embarras du choix a en définitive les mêmes effets pervers que la disette dans les systèmes collectivistes : « En URSS, la queue à l’épicerie occupait les gens et les rendait passifs. Pendant ce temps, ils ne faisaient pas de politique. Dans nos sociétés, le trop-plein joue le rôle des pénuries en URSS… Faire le tri (parmi de nombreuses offres concurrentes) consomme beaucoup de temps que nous ne consacrons pas à nous interroger » (sur notre contexte social et politique).
Ne pas pouvoir consommer ou perdre son temps et son âme à trop consommer, pour une « foule sentimentale » (comme dirait Alain Souchon), c’est toujours éluder la réflexion : c’est le contraire… mais en pratique, c’est donc la même chose !

Didier Nordon
Didier Nordon : Les queues interminables pour la subsistance quotidienne, dans un monde communiste, ou la stérile frénésie d’achats, dans un monde capitaliste : deux façons opposées, mais concrètement identiques, pour s’étourdir ! 

source illustration : http://lucarnedesecrivains.free.fr/nordon.htm


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