Qu'on se le dise, l'inconvénient majeur d'un logement en camping tient de son accès internet. Disponible uniquement au bar. Juste le temps de lire ses mails et de poster ses comptes rendus. Sauf que la nouvelle vient de tomber, je dois rentrer le plus rapidement possible sur Paris, ayant un entretient le lendemain matin. Juste le temps de mettre en place les hostilités et me voilà dans la salle de projection, prête à découvrir le troisième film de la compétition, Shrink. Réalisé par Jonas Pate, il met en scène un Kevin Spacey dépressif, un psychiatre plus dans le besoin que ses propres patients, un peu accro aux drogues douces. Jusqu'à ce qu'il rencontre une jeune adolescente, la seule qu'il souhaite voir sortir du trou. Sous une forme qui tend à devenir conventionnelle dans le cinéma indépendant américain, à savoir le croisement de différents personnages, le film reprend une idée originale vue récemment dans le Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. Celle selon laquelle le cinéma pourrait sauver des vies. L'œuvre est sensible, rappelant même à l'esprit l'ambiance nébuleuse d'un American Beauty. Soit la première bonne surprise de cette compétition (4/5).
Un aller vers la gare, retirer mon billet de train, un autre vers le camping prendre quelques affaires et me voici déjà revenue dans la salle, découvrir le Humpday de Lynn Shelton. Un film de femme - le premier long métrage de fiction, d'ailleurs, depuis le début du festival - sur les hommes. Ben et Mark, qui ne sont pas vus depuis longtemps, décident un soir de beuverie de réaliser leur propre film porno gay fait par des hétéros. Où ils seraient, bien entendu, les deux acteurs principaux. Avec finesse et cocasserie, Lynn Shelton décortique ainsi les rapports masculins et cette fine barrière qu'il existe entre amitié et attirance sexuelle. Et à ce titre, ses deux interprètes principaux sont particulièrement excellents (3,5/5). Le genre de long métrage à ajouter au débat que j'ai depuis quelques temps avec mon ami Anthony, autour de ses œuvres à l'amitié ambigüe. De Supergrave à Délire Express, d'I love you, man à Piège de cristal. Oula, polémique ! Mais il est déjà 16h40, mon train part dans vingt minutes. Retour demain, donc, sur les planches, le temps d'un aller-retour express vers la capitale.
Magazine Cinéma
J + 4: Aller-retour...
Publié le 10 septembre 2009 par LimessCes articles peuvent vous intéresser :
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