Pourquoi les personnalités de droite s’obstinent-t-elles à tenter de conquérir leur légitimité à gauche, à faire l’ouverture à gauche, à tenter de pactiser avec les apôtres de l’intolérance, les talibans de la bonne conscience. C’est sans doute l’expression persistante du syndrome de la (mauvaise ?) conscience mal-à-droite, ingénieusement exploitée par une gauche autant cynique qu’elle peut être moralisatrice.Après Frédéric Mitterrand, le ministre du budget Woerth s’est donc rendu à la fête de l’humanité pour participer à un « débat ». Peut-on débattre avec les communistes ? La réponse ne tarda pas : le débat a été annulé au bout d'une demi-heure et les militants se sont mis à entonner L'Internationale. Pendant ce temps, les artistes chantaient sur les scènes de la fête de l’Huma au nom de la tolérance et de la diversité. Bientôt, la fête de l’humanité deviendra comme le salon de l’agriculture, l’endroit où tout le gotha politique devra se rendre puisque les médias y ont élu domicile. Moins le parti communiste a d’électeurs et plus il est populaire.
Les communistes et l’extrême gauche en général obéissent à un schéma de pensée qui interdit précisément de penser, et encore moins de débattre. Rappelez-vous le fameux « on préfère avoir tord avec Sartre qu’avoir raison avec Aron ». Ils savent cependant entretenir une illusion de débat car ce sont des virtuoses de la parole – de la parlotte ? – comme en témoignent les monologues des intellectuels de gauche ou les AG interminables dans les campus bloqués qui s’apparent à de véritables messes destinées à distiller la bonne parole et à mettre à l’index les hérétiques. La discussion n’est autorisée que si elle reste à l’intérieur de cadres stricts qui sont les piliers de la conscience communiste, tels les commandements d’une religion qui ne souffre aucune dissidence.
Ils ont donc le droit de donner des leçons de tolérance, d’ouverture et de démocratie mais ils ne tolèrent ni la contradiction, ni la liberté d’expression. Comment feindre de s’en étonner puisque tous les pays qui ont appliqué à la lettre le programme communiste sont devenus des prisons ? Le communisme prône la dictature du prolétariat. On ne peut être plus clair. Dans ces conditions, la démocratie est un concept « bourgeois » qu’il s’agira de dépasser à l’occasion de l’effondrement annoncé et espéré du capitalisme.
Sur le campus, les militants d’extrême gauche arrachent les affiches fraîchement collées par les syndicats qui ne partagent pas le même bord. Pourtant, les panneaux d’affichage sont ouverts à tous les syndicats, sans aucune discrimination. En démocratie, oui. Pas dans l’univers communiste.





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