Sortie: 16 septembre 2009
> L'histoire: Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans
le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United),
une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent,
toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer
les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui
se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie
alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...
Non content de placer son intrigue en Afrique du Sud, Neill Blomkamp livre, avec District 9, sans doute l'un des films de
science fiction les plus excitants de ses dernières années. Construit d'abord sous la forme d'un documentaire, l'oeuvre suit Wikus, un agent antipathique au possible, chargé de veiller au bon
déroulement de l'expulsion d'aliens, arrivés et logés depuis vingt ans dans un camp de réfugiés au doux nom de District 9. Un quartier sous haute surveillance où aux "crevettes" se mêlent
corruption et violence. Par une caméra à l'épaule, Neill Blomkamp se met, dans un premier temps, à hauteur d'homme, expliquant d'un point de vue totalement
humain l'ampleur de la situation. Fausses images d'archives et multiples témoignages à l'appui, le film est didactique, expliquant les faits, rien que les faits. Tels des parias de la société,
les aliens, au départ si bien accueillis, ont vite été rejeté par la population, eux qui étaient bien trop différents de tout ce que l'on pouvait connaître jusqu'alors. Un processus qui permet,
non seulement, de plonger in media res dans le contexte du film, mais aussi d'inscrire l'intrigue dans la réalité, et ce de manière tout à fait original. Car quand viendra l'heure de passer à la
fiction pure, il sera dès lors impossible de se détacher du récit.
Puisant ses influences aussi bien chez son producteur Peter Jackson que chez David Cronenberg - on pense, bien
évidemment, à La mouche -, Neill Blomkamp livre une oeuvre en constante mutation. A l'instar de son (anti)héros, bientôt
contaminé par un virus extraterrestre. Passant du documentaire à la fiction, d'un point de vue humain à celui des aliens. Car la particularité de ce District
9, c'est qu'il fait des extraterrestres les vrais héros de l'histoire, des victimes de la cruauté humaine, qui n'hésitent pas à les exploiter ou à les obliger à vivre dans
des situations déplorables. L'utilisation des effets spéciaux est minimal au possible, rendant le récit d'autant plus authentique. Avec brio, Neill Blomkamp
ne cède ainsi jamais à l'appel du pur blockbuster, livrant une sorte de film d'auteur fantastique, en imposant à la fois une vraie patte en tant que réalisateur tout en se reposant sur un
scénario en béton, aboutit de bout en bout. Un premier coup de génie pour ce cinéaste sud africain, venu d'un pays marqué historiquement par le racisme et dont le film se gonfle
instantanément d'une résonance politique forte. Distrayant et marquant. Fun et passionnant. Captivant et intense. L'archétype d'une bonne claque cinématographique...
> Festival du film américain de Deauville 2009: Avant-première
Crédit photo: Metropolitan FilmExport





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