Sortie: 01 mars 1976 / 16 septembre 2009
> L'histoire: Rébellion dans un hôpital psychiatrique à l'instigation d'un malade qui se révolte contre la dureté d'une infirmière.
Adaptation du best-seller de Ken Kesey, produit par Michael Douglas et deuxième film de Milos Forman sur le sol américain - rien que ça -, Vol au-dessus d'un nid de coucou fut aussi celui qui apporta à ce dernier la
reconnaissance internationale. De part sa flopée de récompenses, des oscars aux goldens globes. Situé dans un hôpital psychiatrique, le film suit l'évolution de McMurphy, un prisonnier tout juste
interné dans l'établissement. Un rôle avec lequel le cinéaste prouve à quel point il est à l'aise dans la création de personnages ambiguës, toujours entre deux, que ce soit le bien ou le mal. Car
McMurphy, s'il traîne derrière lui un passé assez trouble - viols et violence - est paradoxalement un être très attachant, prêt à se sacrifier pour ses nouveaux compères. Chaque scène peut
ainsi basculer à tout instant, à l'image de cette partie de pêche, symbolique à elle seule de sa force et de sa profondeur. McMurphy est-il totalement inconscient ou agit-il en pleine
connaissance de cause ? Fait-il cela par pur égoïsme - il part d'abord chercher une fille - ou parce qu'il souhaite faire plaisir aux autres patients ? Un peu de tout ça, vraisemblablement,
retransmit notamment grâce à l'extraordinaire Jack Nicholson, capable par un simple levé de sourcils d'être à la fois effrayant et sympathique !
Mais Vol au-dessus d'un nid de coucou, c'est aussi la mise en image d'un thème cher et récurrent dans l'oeuvre de Milos
Forman. Soit l'individu révolté contre une institution détenant un pouvoir légitime ou non. A travers, ici, le prisonnier contre l'hôpital et son infirmière, la très sadique Mildred
Ratched. Car, d'abord très à l'aise dans ce nouvel environnement, McMurphy va ainsi assister, au même titre que les spectateurs, à une privation progressive de ses libertés. De la télévision aux
cigarettes. D'où la rébellion de celui-ci, prêt à tout pour redonner goût à la vie aux autres pensionnaires, par le sport, le sexe ou l'alcool. Jusqu'au point de non retour et une privation de
liberté poussée à son paroxysme à coût d'électrochocs. Sans jamais tomber dans le pathos, Milos Forman livre, avec force, une oeuvre humaniste et
bouleversante où l'hôpital se fait le microcosme de la Tchécoslovaquie communiste dans laquelle le cinéaste a grandit. Un film choc où la folie douce - à travers ses seconds rôles portés, entre
autres, par les jeunes Christopher Lloyd ou Danny DeVito - prend souvent le pas sur le drame et l'émotion, par
une mise en scène fine et minimaliste.
> Golden Globes 1976: Meilleur film dramatique,
meilleur acteur dans un drame, meilleure actrice dans un drame
> Oscars 1976: Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice / Nominations meilleur second rôle masculin,
meilleure photographie
> Césars 1977: Nomination meilleur film étranger
Crédit photo: Collection Christophe L.







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