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Bras cassés

Publié le 23 septembre 2009 par Sully

Ca y est ! Le gouvernement s’attaque enfin au terrible fléau des accidents du travail ! En 2008, selon les chiffres de l’Assurance maladie, 703 376 accidents se sont produits, soit près de 1 922 par jour, dimanches et jours fériés compris. Cela représente près de 4 salariés sur 100. 569 personnes y ont perdu la vie, soit près de 11 par semaine, et 44 037 autres souffrent d’une invalidité permanente. Il était donc urgent d’intervenir.

Mais bien sûr, nous sommes sous Nicolas Sarkozy. Le gouvernement est dirigé par François Fillon et Eric Woerth tient les cordons de la bourse. Il ne s’agit donc pas d’aller contraindre les patrons à prendre des mesures de sécurité supplémentaire, ni d’étendre les CHSCT aux entreprises de moins de 50 salariés. Le gouvernement vient tout simplement d’annoncer que les « indemnités journalières » seraient désormais fiscalisées. Les travailleurs qui ont subi un accident du travail devront payer des impôts dessus.

« Il est assez naturel », a indiqué Eric Woerth, « de fiscaliser de la même manière que les revenus du travail le revenu qui remplace le revenu ». Il s’agit, pour lui, d’une « mesure de justice qui permet de mettre en avant le travail ». Ecœurant ! Vomitif ! Car cela signifie simplement que dans l’esprit du gouvernement ces indemnités relèvent de l’assistanat. « Mettre en avant le travail », cela veut dire qu’il faut valoriser ceux qui bossent par rapport à ceux qui n’en foutent pas une rame. On a souvent entendu le même discours à propos des minima sociaux.

Or, qui cette mesure concerne-t-elle ? Les pauvres ! Précisément ceux qu’on ne peut pas – moralement en tout cas – ponctionner davantage. Ceux qui, une fois payés les impôts, le loyer, les frais médicaux de moins en moins remboursés, se demandent comment ils vont bouffer. Selon les mêmes statistiques de l’Assurance maladie pour 2008, 5,87 % des accidents du travail concernent les cadres et agents de maîtrise, 24,07 % les employés et 64,27 % les ouvriers (qualifiés ou non). Et les indemnités journalières – rappelons-le à Monsieur Woerth – ne représentent que 80 % du montant du salaire.

Selon Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale qui déposera un amendement en ce sens lors de la discussion du budget 2010, la mesure devrait rapporter à l’Etat 150 millions d’euros. Cela peut sembler énorme à qui gagne le SMIC. Mais, à titre de comparaison, cela représente l’enveloppe que le gouvernement souhaite consacrer à la rénovation des stades pour le cas où la France organiserait l’Euro 2016.

Et une atteinte de plus aux droits des travailleurs ! On va finir par croire que c’est fait exprès !


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