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Le Monde De Nicolas Sarkozy

Publié le 24 septembre 2009 par Sagephilippe @philippesage

Le Président De L'Industrie Bancaire
Il serait vain (comme : G20) de chercher à tirer quoi que ce soit de positif, enthousiasmant ou projetant dans cette connivente causerie [*] qui nous fut infligée hier soir (mercredi 23 septembre) peu après 20 heures entre Nicolas Sarkozy, Mâhâme Ferrari et David Pujadas. Un véritable simulacre d’interview politique. Le degré zéro du journalisme.
Qu’après (ou avant) ce naufrage, le chef de l’État aille sermonner, humilier (devant témoins) Arlette Chabot à propos du manque d’émissions politiques (dignes de ce nom) sur France Télévisions, ce n’est même pas risible, c’est se foutre ouvertement de la gueule du monde.
Nonobstant, si, et dans le seul but de distraire l’ennui et la lassitude qui nous prirent suite à ce qu’il convient de nommer un meurtre du journalisme politique entre bons amis, nous tentions de retenir quelque chose de ce qui fut dit, alors nous pourrions noter que :
1 – Sur Tf1 et France 2, Nicolas Sarkozy nous affirma que les paradis fiscaux, c’était terminé [rires nourris de nous autres]. Quelques heures plus tard, à la tribune de l’ONU, il rappelait qu’il fallait les combattre.
Il faudrait savoir …
2 – Répondant à une question sur sa santé rapport à son “malaise vagal” de juillet dernier, Nicolas Sarkozy confia que sa santé était “bonne” et qu’il n’avait “pas le droit d’être négligent dans sa façon de s’hydrater”. 
Comme tu vois, cet entretien atteignit des sommets.
Ceci dit, n’est-il pas hilarant d’apprendre que notre souverain a tout intérêt à s’hydrater alors même que le pays est financièrement à sec, que le déficit de l'Etat part à vau-l’eau ?
A ce propos, j’en connais un qui s’hydrate copieux, c’est Jean-Louis Borloo.
3 - (et ceci découle, c’est le cas de le dire, de la remarque suivante) Rappeler aux pauvres citoyens que nous sommes, que le sauvetage de notre système bancaire ne nous aura pas coûté un centime d’euro, c’est assez gonflé vu que, justement, le déficit de l'Etat a doublé en une seule année. Or, qui va payer pour rembourser ce colossal déficit et durant de très longues années ? Il ne me semble pas que ce sera Baudouin Prot ou M. Bolloré.
4 – Durant tout l’entretien (et c’est le seul point à retenir) Nicolas Sarkozy a parlé de la crise en ces termes :
La crise a été…”, “Il y a eu la crise …”.
C’est donc au passé qu’il la conjugue. Ce qui signifie que, dans son esprit, la crise, c’est fini.
Mais fini pour qui ?
Pour le monde de la finance.
En revanche, pour nous, citoyens de base, elle se poursuit. Et elle se poursuit sévère avec des plans de restructuration .. de licenciements, de mises d’office à la retraite, d’emplois de plus en plus précaires (emplois de services, temps partiel imposé, contrats saisonniers…). Elle continue socialement, avec son lot de souffrances, d’exclusions, de solitude. Pour nous, la crise est toujours là, et, sans doute, pour longtemps. Mais “nous”, Nicolas Sarkozy s’en moque. Pour lui, ce qui comptait, c’était sauver un système. Il l’est (temporairement) alors tout va bien !
Cela donne une idée du monde dans lequel vit Monsieur Sarkozy. Même si nous nous en doutions. Il vit dans celui du CAC, de la finance. Il vit dans le monde de Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Bernard Arnault, Serge Dassault ou d’Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Mais ce monde-là, monsieur le Président, ce n’est pas le nôtre.
Dois-je rappeler que, le 5 mai 2007, vous avez été élu par les urnes pour être, non pas le Président de la République de quelques-uns - les plus grandes fortunes de ce pays - mais pour être celui de TOUS les français.
Il est grand temps de sortir de votre monde, M. Sarkozy, et d’apprendre le nôtre. Celui des beaux leurrés. Pas des Bolloré.
[*] Pas une seule question qui fâche lors de cette causerie pré-enregistrée. Ou alors, quand, timidement, elles venaient, elles étaient prévenues par un sourire complice du “présumé” journaliste, œillade qui semblait signifier :
Excusez-moi de vous poser cette question, mon Nicolas, mais comme les gens se la posent …
Alors le Président se tortillait d’aise, gratifiant le questionneur d’un même sourire traductible :
Y’a pas de mal, Mâhâme Ferrari, ne soyez donc pas gênée, nous étions d’accord pour en parler de toutes les façons. N’ayez crainte, je vais leur sortir le baratin-à-la-con habituel …
Bonus : Puisque c'est ainsi, soyons désinvoltes ..
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