Sortie: 23 septembre 2009
> L'histoire: Hervé, patron d'une agence de presse, décide d'en finir avec l'alcool. Loin de tout et grâce aux autres, il parvient à combattre sa dépendance, en repartant vers
une nouvelle vie...
A l'instar de La face cachée, affreux premier film de Bernard Campan, à l'affiche ici en tant qu'acteur, Le dernier pour la route se frotte à un sujet peu glamour et surtout peu présent dans les productions cinématographiques: l'alcoolisme. Il y suit Hervé, père de famille
et dirigeant d'une agence de presse, à son entrée dans un centre spécialisé, durant toute sa thérapie de groupe. Éloigné de tout, il aura ainsi l'occasion de sortir de sa torpeur, même si les
dérapages arrivent plus vite qu'on ne peut le penser. Une histoire sensible traitée malheureusement, au départ, un peu sous la forme d'un spot publicitaire. Confrontant le spectateur à son propre
rapport à l'alcool par une batterie de test que va alors passer Hervé. Buvez-vous pour masquer votre timidité ? Pour vous sentir mieux ? Ainsi, Le dernier pour la
route n'échappe pas à un petit côté documentaire informatif sur les dangers de l'alcool et sur la facilité latente avec laquelle on peut en devenir dépendant. Jusqu'à ce qu'arrive
Mélanie Thierry et que la fiction prenne le pas sur le tout.
Car Le dernier pour la route est avant tout une sorte de périple initiatique où l'on apprendrait à ne plus être dépendant tout en redécouvrant la vie. Dans un
cadre exceptionnel, Hervé et ses amis du groupe vont alors se serrer les coudes pour vaincre cette maladie dont on ne guérit jamais. A moins que la meilleure solution ne soit au contraire
d'apprendre à devenir un petit peu égoïste pour sauver sa peau. Car fasciné par la petite nouvelle, Hervé va alors tout faire pour la sortir du trou... quitte à se mettre lui-même en danger face
à sa propre rémission. Avec beaucoup de subtilité et de fragilité, Philippe Godeau livre ainsi un film sur ce combat à échelle humaine, confrontant les
patients aux ravages qu'ils ont pu faire, inconsciemment ou pas, autour d'eux. Donnant à François Cluzet l'un de ses rôles les plus forts et les plus
intenses, l'opposant à une Mélanie Thierry tout à fait surprenante. Émouvant sans être larmoyant, Le dernier pour la
route est une oeuvre poignante et réaliste, donnant la parole aussi bien aux malades qu'aux proches, autres victimes malgré elles de la maladie. Un beau premier film où le réalisateur fait
preuve d'une simplicité et d'une retenue dans sa mise en scène, de manière tout à fait pertinente face à un tel sujet.
1. François Cluzet: Les liens du sang / Paris
Crédit photo: Wild Bunch Distribution







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