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District 9

Publié le 25 septembre 2009 par Karo

District 9 est sans doute LA bonne surprise SF de l’année. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs films du genre de ces dernières années. J’ai été totalement conquise, j’ai adoré et il trônera sans doute sur mon étagère aux cotés de Star Wars, Alien, Back to the Future et Blade Runner. Un privilège rare, accordé seulement aux meilleurs …

District 9 est poignant, violent, dur, émouvant, noir et révoltant. C’est de la SF comme j’aimerai en voir plus souvent. De la SF qui n’est pas là seulement pour nous sortir des milliards de pixels modélisés sur ordinateur mais de la SF qui me retourne les tripes et me laisse songeuse à la fin de la séance.

Pour une fois, la caméra à l’épaule n’est pas seulement là pour l’effet de mode mais pour nous plonger réellement au cœur de l’histoire. Le début du film est vraiment déroutant. On ne sait pas trop où l’histoire va nous emmener. Il est clair que certains auront du mal à accrocher et pourront sombrer dans les bras de Morphée. Mais par pitié, accrochez vous, prenez un café avant d’aller au ciné car ça en vaut vraiment la peine.

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A partir de cette ligne, je ne garantie plus qu’il n’y aura pas de spoiler, alors si vous n’êtes pas encore allé voir District 9, abstenez vous.

District 9 n’est pas qu’un simple film de SF. Ce serait bien trop réducteur. Il y a bien des Aliens, des vaisseaux spatiaux, des armes extraterrestres à la Doom et des savants sans scrupules qui peuvent sans aucun remord massacrer des êtres évolués dans le seul but de faire du fric. Mais je pense qu’il faut regarder un peu plus loin.

Premièrement, le MNU (Multi-National United). La ressemblance est frappante avec l’ONU. Sauf que le MNU n’est autre que le deuxième plus gros fabriquant d’arme de la planète. Comment peut-on confier la charge des Aliens à un marchand de mort ? Il est évident qu’il va chercher à tirer profit de la technologie extraterrestre avec toutes les horreurs imaginables.  Doit-on aussi y voir un rapprochement avec les pressions subies par les Nations Unis de la part des plus gros protagonistes empêchant certaines actions militaires comme au Darfour ? Je n’oserais pas …

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Deuxièmement, Johannesbourg n’est pas non plus un choix anodin. Il est clair qu’ici, la fiction rejoint l’histoire et la réalité. Imaginer un gigantesque « bidon ville/ghetto » pour y parquer nos nouveaux amis n’est pas un pur hasard. Comme dit dans le film, le vaisseau n’est pas venu au dessus de New York ou de Washington … non, il est ici, à Johannesbourg, en Afrique du Sud. L’Apartheid n’est pas bien loin … Le but de tout cela ? Peut être nous dire que malgré les années qui passes, malgré l’abolition des horreurs, nous seront prêts à le refaire dès que l’occasion se représentera. Doit-on avoir un comportement différent alors qu’il s’agit d’une autre race (et non pas « ethnie » quand il s’agit des Humains) ? Pourquoi, sous prétexte qu’ils sont étrangers à notre planète, doit-on les traiter comme des animaux (comme nous avons malheureusement traité certains peuples de cette planète …) ? L’Homme peut-il réellement changer avec les années ? L’Homme peut-il réellement apprendre de ses erreurs passées (je conseille au passage, comme c’est d’actualité l’incroyable, le sublime et excellent documentaire diffusé et produit par France Télévision, Apocalypse) ?

Et enfin, le héros. Pour une fois, le spectateur a envie de voir crever cette pourriture tout au long du film. Du personnage un peu « beauf » au début, dont on peu se moquer très facilement, à l’ordure qu’il devient petit à petit, jusqu’à sa tentative de rédemption de la fin, il est tout ce que nous détestons. Il est ce que nous pourrions être dans des situations équivalentes : mauvais, égoïste, malhonnête, cruel, sans remord et lâche. Il faut attendre les derniers instants du film pour voir un sursaut d’héroïsme, un sursaut d’honneur, un sursaut d’Humanité pour un non-humain. Alors que d’habitude, le bon vieux standard américain nous crache du patriotisme écœurant toutes les deux minutes avec un héros sacrifiant sa vie pour sa nation sur fond de drapeau Américain et larmes au coin de l’œil … Là, le héros est humain. Il est comme Monsieur et Madame tout le monde. Je n’ai eu qu’une seule envie durant tout le film : l’étrangler, le rouer de coup et lui cracher dessus en le piétinant tellement son comportement m’a exaspéré. Bref, le film est réussi puisqu’il m’a poussé dans les bas fonds de mon instinct à vouloir massacre mon prochain …

Démonstration réussie.

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Peut-on alors considérer District 9 comme un « simple » film de Science Fiction avec des Aliens ? Bien sur que non ! Sans être non plus une œuvre philosophique complète, la trame du film aborde des sujets importants sur fond historique. Il propose une interprétation de la nature humaine face à ce qu’il pourrait nous arriver un jour et face à ce que nous avons vécu de part le passé. Il nous montre ce qu’il se cache en chacun d’entre nous …

On ne peut pas finir sans parler de l’excellente réalisation. Le film n’a coûté « que » 30 millions de dollars et si le film marche bien (à priori déjà plus de 110 Millions de dollars de recette …), une suite est prévue. Quelle suite ? Est-ce que Christopher va revenir et tous nous exterminer suite à sa découverte macabre dans les sous-sols du MNU ? Est-ce qu’il va réellement venir sauver Wikus, une « crevette » avec un esprit Humain, comme il l’a promis ?

Je ne doute pas que Neill Blomkamp, le réalisateur, saura nous émerveiller et nous surprendre une nouvelle fois avec une suite loin des clichés actuels et habituels.


Publié dans: Culture


Une réponse à “District 9”

  1. Aleks le 25 sept 2009 | Répondre

    J’ai également été le voir et j’ai bien aimé ce film que j’ai bien apprécié pour les mêmes raisons que toi :)


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