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Une belle au dieu dormant, par Michel Hoëllard

Par Juan Asensio @JAsensio
Une belle au dieu dormant, par Michel HoëllardVladimir Skoda, exposé galerie Baudoin Lebon.
Rappel
Golfe Story etc.
Omar nous a tuer.
Paul, bonjour,
Août 2009, je sais pas si on se verra ce coup-ci mais tant pis. À défaut, t’auras de la lecture ! Du grain d’art plastique, qui sait, pour tes cours «Objet & espace» et tes chers étudiants… Car, étant donné le calvaire que tu parcoures actuellement (et le temps dont moi, je dispose), j’ai pris cette décision de te changer les idées.
Je suis, tu le sais, en Bretagne pour mon pèlerinage mensuel et après passer chaque après-midi avec ma mère dans cette maison de retraite où elle languit dans son fauteuil roulant conçu, comme inscrit au dossier, pour lui assurer une «guidance confortable», je m’en allions guidant ma Cliotomatique au fil des routes de mon enfance et, disons-le, de «ma terre» puisque ta terre, elle est jamais là qu’où sont enterrés les tiens et tes cousinages panachés. Quand me zo ganet é kreiz er mor (1), la balade déborde toujours du simple tourisme. Et faut s’accrocher dire «ma» terre. L’enfouir bien profond, l’imprégner ! Des siècles, parfois.
Tu sais comme.
Donc acte.
J’erre, j’ambule et déambule au rythme des souvenirs et des signalétiques routières. Malgré que le bilinguisme répande désormais sa couleur locale et convainque les non natifs d’être arrivés loin de chez eux, j’en suis quand même pas à me perdre puisqu’un GPS fait dodo dans la boîte à gants à ma droite; à ce propos, qui donc y fourre encore les siens ?
J’erre oui en sorte de dérive et ce jour d’hui, dans mon village perso de Saint-Guyomard à bout de ficelle, selle de cheval, Val sans retour… j’ai découvert qu’une «Opération d’Art» envahissait les appalachiennes Landes de Lanvaux (qui, comme tu ne l’ignores pas, se trouvent – se trouvaient du moins – partout autour) et que dans mon p’tit bourg, perdue dans la forêt déboisée depuis mes derniers quinze ans, y a une tout aussi p’tite chapelle (Saint-Maurice) où ce que dans le temps, on allait se coller le poitrail sur une grosse roche qu’est juste derrière là pour soigner rhumatismes et autres arthroses et donc que dans icelle de chapelle, des artistes, j’apprends, ils installent maintenant leurs œuvres pour tout l’été.
Pour ta gouverne mais tu t’en doutes, ladite grosse roche thaumaturge est un menhir sur son flanc, une longue pierre que sur cette pierre d’aucuns jadis ont bâti l’oratoire.
Alors youpi.
Trois fois un mois gratos de clichés plasto-citoyens !
Youpi.
Cette opération régionale dénommée Arts Capella (2) (y auraient pu mettre Ars capella mais ils savent plus ni jeu ni mot de latin et puis Arts, c’est quand même plus fun que Ars !) n’a pas été, tu l’imagines, sans me rappeler sa consœur de vers chez toi, nord Bretagne et dite, elle, plus prosaïquement : «L’art dans les chapelles». C’est donc muni de ce viatique que je me suis rendu à Saint-Maurice. Y serais-je allé autrement ?
Quand bien même, je crois que oui.
Même si l’heure est venue, l’heure attendue, l’heure préparée de toute éternité d’un art aux masses, art aux paroisses et solidaire, passés vingt siècles : une telle révélation se visite néanmoins sans grand mérite.
La manifestation, mi-régionale, affiche comme première ambition (simple, mais fallait y penser) une appropriation des vieilles chapelles par des artistes : ce qui revient à les considérer comme friche, ces vieilles, comme vacuité, ces chapelles, voire anoblissement du fantasme qu’une Histoire occidentale désormais close, exerce peu ou prou sur les meilleurs des mauvais plasticiens que sont «nos» jeunes artistes.
Jeunes artistes et vieilles dentelles.
Arsenic et vieilles chapelles dont les portes sont closes en dehors des Pardons annuels. Les voilà maintenant prises en main par des créateurs car quand dort Le Créateur, y a toujours miettes à récolter !
[Quand on pense, quand tu penses, quand je pense que c’est du l’Art comme tous les autres et du 100 têtes ! ]
Il s’agit encore, of course, de mettre le cadre en valeur (ce qu’est un peu malotru, vu ledit et le poncif des chefs-d’œuvre y implantés), d’y faire dialoguer l’art et le patrimoine ou même d’y fusionner les scénographies d’artistes et le public et là, à cet instant où je sors du village tout proche, une femme traverse la route avec du pain et son rejeton. Je stoppe, tu penses. Plus loin, garé sur bas-côté, un routier-citerne de chez Breger Box pique un roupillon mérité et alors ce môme, sept ou huit ans mais qui sait lire, il interroge sa mère par deux fois : hé, c’est quoi Breugé boxe ? C’est quoi Breugé boxe ? Et la dame, lasse : Laisse, il dort.
Je repars.
Hier, entre elle donc, «ma» chapelle, et le bourg, y avait, avant l’aujourd’hui, rien que des champs moissonnés qu’ensuivait, touffue, une sacrée tranche de Brocéliande avec ses roches comme de vrais dos et dessus, d’espiègles mousses vert pomme juvénile. Bon nombre de chênes centenaires et des pins aux branches en toits. De nos jours, le mal a gagné sur l’espace agricole et en place d’une bocagère Matière de Bretagne, t’as donc plein de lotissements identiques à colonnades, à balconnets et kitsch personnalisé Grand Siècle qui répondent, en vrac, aux doux noms d’Allée de l’Estran (où ça ? La mer est à plus de 40 bornes !), de Venelle Morgane (songer à en faire une marque de quenelles bio !) et d’Espace Merlin (quid ?) et, au bout de ces logis viabilisés comme un habit trop grand t’as, dans son coin toujours et encore, qu’a toujours et pas encore bougé d’un poil, la vieille chapelle en question de mes ancêtres tous péris définitif.
[Ici, j’interromps ma frappe pour aller fermer la fenêtre en râlant contre un nain de jardin dont la techno cardiaque couvre, de sa bagnole ouverte à tous vents, l’appel de l’ultime mouette ou sa reddition].
Me revoilà.
Chapelle d’ancêtres, j’ai dit mais chapelle dans pas long cernée, recouverte de résidences grouillant de bagnoles, de fausses barques et de vrais wifi trois en un car oui, cette terre aujourd’hui se dérobe, autant ses gens que ses logis et se pose oui, la vieille question du rite et de son ignorance.
«Arts Capella» donc.
Chapelle Saint-Maurice donc (3).
Consacrée, j’ajoute.
On est 10 août 2009 après les 18 heures de ma montre à quartz. Un car combi bleu pétant VW nomade.com stationne non loin, double porte arrière ouverte sur une fille de pas trente balais en sarouel noir et dreadlocks châtains comme Bob Marley himself et qui tricote, à première vue, assise à l’intérieur. À ça, oublie pas d’ajouter son pesant de colliers faits main en pierres naturelles de ruisseau. À la voir sortir m’accueillir, je songe qu’un bête petit caillou piqué au lotissement voisin et rajouté par quelque subreptice lancer à ce poids, lui ferait illico subir le coup dit traditionnellement «du lapin». Mais non, j’ai tort, cette fille sourit. Jolie elle serait même, si elle s’ôtait ses oripeaux et laissait souffler ses nichons.
Nous prenons langue comme il se doit.
Vous venez de Paris ? qu’elle demande puisque, ayant encore à notre disposition des fantômes de départements, on en a encore quelque temps les plaques d’immatriculation aux fesses.
Oui.
Alors, vous faites le circuit de «nos» chapelles ? elle poursuit.
Non, j’y réponds. J’ai de la famille au cimetière d’à côté.
Ah, je vois. Tu parles ! Nib qu’elle voit oui, mais voilà-t-y pas malgré tout qu’on papote en copains désormais, bâtons rompus. Elle est jouasse, semble-t-il d’avoir un visiteur d’aussi loin et, gentille organisatrice dans l’âme, elle m’apprend que ça tombe bien car c’est la meilleure heure pour la visite car, voyez-vous, le soleil se couche pile en face. Par mansuétude, je renonce lui apprendre que justement, c’était une marque de fabrique faite tout exprès que d’ouvrir certains lieux chrétiens plein ouest. Ça titillait la comprenette mystico-trouillarde des culs-terreux du temps d’antan ou, simplement, c’était pratique pour les complies.
Outre la chapelle (abandonnée par ces mêmes chrétiens qui dorment au cimetière dont justement … voir plus haut), y a une fontaine coiffée d’un pâlis de roche avec sa bouche scellée d’une grille cadenassée et y a aussi une autre plasticienne qu’est pas là malheureusement aujourd’hui (la fille m’apprend qu’elles font des roulements et moi, je songe instantanément aux 3/8 d’un prolétariat dont, comme on dit, dream is over), une autre pouète-pouète qu’a planté de hauts bambous dont la fronce tricotée de raphia en formes de totems, astres vaginaux ou pâles magies noires saurait faire trembler le plus sceptique lecteur d’Harry Potter.
Elle, mon amphitryon à colliers (ça, elle en a bien quinze, des sautoirs ! ou alors, et par inclinaison poétique dirai-je, c’est le même serpentin qu’elle s’embobine en tour de cou chaque matin), mes travaux, elle dit, ils sont dedans (dans la chapelle) et donc, en fait, avec cette belle lumière tombant à point des arbres, l’éclairage, il est véritablement magique (et toc ! Qu’est-ce que je te disais ?)
Il l’est !
Il l’est même depuis 1739 comme gravé définitivement au-dessus de l’unique petit portail daté à l’occasion probable d’une commémoration des fameuses missions cathos signées Grignion de Montfort, Maunoir ou Le Nobletz (4) dans le siècle d’avant. Montfort, je crois, est passé par là. Faudrait peut-être chercher voir si c’est pas dans sa foulée qu’a été édifiée cette chapelle…
…Trop moche pour !
Si tu le dis.
En attendant, autour : ce qu’il reste de mousses rases, de filets d’eau de Brocéliande qu’il y a long, ma grand-mère gallo à moi appelait encore Bréchéliant. Grand-mère ou mamm-goz prénommée Marie-Reine mais pour tous, c’était toujours Reine (1898-1972 comme gravé à ma demande expresse, sur le caveau familial … voir encore une fois plus haut). Reine qui respirait le vent en mangeant du blé noir et en buvant des pommes. Reine…
[Pour recette éculée que ce soit, j’aime bien dévider un tel «fil rouge» quand j’écris, un qui «rappelle doucement l’esprit des morts, de quoi leur causer après ça, plus doucement aux choses» (5). Un fil qui, temps à autre, convoque mon destinataire où qu’est l’os…]
Je vais vous laisser seul elle m’ajoute, l’air entendu et la voix un peu rauque d’une hôtesse spéciale «salon» sauf que son «seul» à Mademoiselle, aura jamais de «s» étant donné que la solitude ainsi sous-tendue doit me permettre moi, non de me recueillir comme le lieu y convie pourtant, mais bien de me confronter à l’ironie d’un dérangement spatial.
Ça me va, le regard mieux parlant que toute les paroles.
Son œuvre à cette beauté, ses réalisations plutôt qu’elle a réalisées toute seule et installées là-dedans avec ses deux petites mains représentent des espèces d’interminables tentacules ou chipolatas de tissus bariolés qui envahissent tout l’espace sacré du sol au plafond, étouffant par la même occasion l’énorme poutre de gloire sculptée avec un art enfantin (et gast, à la main !) qui soutient le faîte depuis, je répète, 1739.
Ça t’a un côté HR Giger du film Alien et ça finit sur le sol forcément déclive en encornet bobiné sur bien lui, un bon mètre de diamètre. Un genre colique de poulpe kraken, de géants vermicelles, d’enroulements, d’écroulements sans fin, d’une soft machine ou pour le moins, hors du commun (mais est-ce pas là son but secret à cette oiseuse que de saillir HORS du commun tout en lui quémandant ses suffrages ?) Et donc, je vérifie – mais c’est pas vrai, je vérifie rien puisque je connais un peu pas mal l’endroit depuis ma toute première naissance ! – que Phébus pénètre effectivement bel et bien la chapelle en sa longueur (non électrifiée, en fait qu’elle vient de me préciser … en fait !).
J’explique mieux : la belle rasta (une certaine Alice Rioufol d’après l’état-civil de sa brochure punaisée au mur et si je goure pas) joue là aux rescapées d’un Woodstock informel (ou de Robert Morris, d’une Eva Hesse mâtinée d’Arte Povera…) en produisant au décamètre et à la bobine des tricotins tissés, noués, bariolés, moussus, cousus au point lancé ou bien c’est des colombins guirlandés en diverses aléatoires de couleurs qui, diverses, le sont par essence afin qu’immerge le spectateur et qu’il prenne à partie des espaces de confrontation intime et directe avec l'œuvre lui offrant alors la possibilité d'une introspection. Ouf ! Le mec s’immerge intransitif, il se colloque l’intime et il a même droit au bilan perso ! C’est Byzance ! Dans un genre lacanique «manque du manque», c’est fromage ET dessert ! Surtout quand l’œuvre expertement titrée Songes embrouille irrationnel, éthique (avec ou sans «h») et oscillations. Dans cette seule chapelle, y en a au bas mot un ou deux kilomètres de long qui prolifèrent et s’entortillent lascivement à la maîtresse poutre et aux entraits cintrés de pénombre et aux 14 emplacements d’un Chemin de Croisillons partis au musée si pas chus déjà en poussière et retombent sans fin, suspension des fois et crêpe plate la plupart du temps, à même le dallage (camouflé celui-là, au fil de ces belles pesanteurs, ces rondes textiles que l’une pousse l’autre, que l’une tient l’autre et la prolonge).
Cette Alice petite fille, grande fille sans le savoir, si je puis dire plus platement, elle voltige aux colimaçons !
Toi, mon ami, toi qui leur fait l’école d’arts à ces beaux jeunes pleins d’avenir, ôte-moi d’un doute : t’en as pas ta claque parfois que leur inspiration piétine sans la moindre grâce (hors deux yeux et autant de nichons … mal visibles) mais aussi sans l’once d’une épiphanie esthétique ou simplement historique, les chapelles (désaffectées, je le reconnais et donc, privées de tout affect hors ce «vieil art contemporain» dont personne veut fors les chapelles justement car c’est connu des papis et mamies croupissants dans les maisons de retraite à l’entour que ces chapelles par chez nous, sont plutôt bonnes filles), que leur arrogance donc, consensuelle et nécessairement citoyenne, piétine les chapelles sans piger que c’est elles, les chapelles, qui les dominent de leur céleste hauteur. Dirait-on pas que cette torrentielle tuyauterie n’atteint ici rien de mieux qu’elle-même ? Aucune cible cavalière, aucun œil complice. Et qu’elle pirouette en toupie alors qu’autour et même dehors, cet espace-là où elle s’éploie demeure justement ce à quoi elle tend et prétend depuis toujours.
Elle devrait pourtant se méfier Alice, ces vieilles pierres ont la mémoire longue et elles se tiennent, se soutiennent tant et si bien qu’il est jamais simple d’y faire son trou. T’as même ces vieilles légendes du coin qui causent, on dit comme ça, d’un «enfer froid» (ou Infern yen) fait tout exprès pour congeler les ceux ou celles qui se la jouent !
T’en as pas marre ?
L’opération reçoit, c’est bien naturel, le soutien inoxydable de Ouest-France et du Conseil Régional plus de quelques banques et fonds de pension dont j’ai omis de noter les marques. Un certain Madec aussi l’encourage haut et fort : Gaël Madec, plâtrerie et carrelage à Plumelec, en Morbihan.
En sortant, je reprends du soleil plein les dents et, sérieux, comme panorama panoramique, c’est plutôt réussi. Éternellement et tous les jours des chênes vétustes s’embuent de mousses près d’énormes caillasses jetées là du temps d’Ys et du Roi Gradlon, minimum.
Je lis seulement à cet instant l’invite grossièrement fichée sur la vieille porte en bois (qu’en a vu d’autres et de plus mûres) qui nous cause de l’Art et d’Alice comme quoi qu’avec icelle, c’est à une expérience de spatialisation chromatique qu’on est conviés nous, béotiens et pauvres nunuches qu’apostrophent à la file d’autres billevesées de même farine (je te laisse dûment compléter : c’est ton boulot, n’est-il pas ?), dans le même imbitable sabir.
Et puis aussi, j’avais ma Bretagne barrée en pouilles et elle, la belle, qu’en rajoutait une louche à coup de création al dente dans la chapelle de mon enfance et puis aussi, ladite enfance, elle l’avait bien foutu son camp…
Ordoncques et sans aucunement prétendre me faire «prophète du passé», ces intestines gesticulations me fatiguent, cette sauvagerie de lianes n’importe comment et où faut pas. C’est ennuyeux. Pas nécessaire. Pas nécessaire en effet puisqu’Alice tisse sans savoir quoi ni pourquoi, poussée par quelque instinct méconnu d’elle comme de moi, en sorte de jusant enfoui. Ça fait Art et Installations ces jeunes, maintenant, comme ça faisait CAP bigoudis hier encore.
Je reviens dans la chapelle et me cale, mieux voir, contre son autel réduit à rien de nos jours : une étagère, comme d’y flotter tu vois, fantôme, par-dessus mon passé à la chasse d’une odeur de vieille mousse déjà sentie dans le temps et aussitôt ça remonte, les gens, leurs gestes, leurs voix pareil, en chair, en os et s’agit là pas de purs souvenirs mais de chairs revenues avec leurs ratés et leurs rires aux dimensions, un peu, d’un rêve. Pour que ça vienne, faut juste être en vie. Il en manque des bouts, normal, et tout le monde est plus là pour m’éclairer mais bon, le soleil tremble toujours mille reflets sur du vitrail pété en miettes, une niche au fond de l’ancien chœur, quelques lambris un peu pourris, de déglingués ou d’arrachés avec, merveille, des ronds pastels d’un bleu passé encore visibles depuis les missions lazaristes. Des ronds pastels bleutés oui, qu’aurait pu barbouiller ce pauvre Jan Verkade, nommé Nabi obéliscal par son pote Gauguin de Pont-Aven et qu’habitait près à l’époque, à pas 5 kilomètres de là.
Une araignée y ourdit son œuvre comme tout le monde.
Je me suis remonté dans ma tuture la saluant d’un geste de la main et surtout, sans répondre à sa gracieuse et muette invite d’un papotage bricolé au paradigme éthico-conceptuel de son installation. Ou bien quoi ? Voulait-elle se faire coquinement peloter le derrière derrière quelque fagot d’origine qu’on aurait probablement eu du mal à le dénicher celui-là et de toutes les façons, un tel câlin eut été saugrenu mais peut-être je déconne, là ?
La faute aussi à son sourire, son espèce de charme plissé là, au coin des lèvres.
Sortilège ça, ou péché d’orgueil ?
Toujours est-il que son tricot il doit lui prendre bien du temps, qu’elle en est même drôlement fière et que par ailleurs, l’industrie du tissage toiles ou soies, n’embauche plus guère dans le coin depuis l’âge d’or mais vrai, à cette invite j’ai moi pas donné de suite.
L’endroit aussi s’y prêtait mal. L’envie pas mieux.
La vie, quand le spectateur n'est plus un observateur passif, mais interagit en élargissant ses capacités perceptives, c’est un peu plein d’irrémédiables.
J’ai cru voir dans ses yeux une once de naufrage.
Du mien, certainement.
Voilà en fait, c’est tout en fait et en fait, je t’embrasse fort dans l’attente de nous croiser bientôt mirettes into mirettes.
Ma mère, brouillant allègrement les expressions «se tirer d’affaire» et «sortir de l’auberge» en dirait, pour clore cette petite «eau-forte à l’armoricaine», qu’on n’est pas nous, tirés d’auberge !
À toi, MH qui sera bien mal en point le jour où ces trucs le feront plus rigoler.
En fait.
Notes
(1) «Je suis né au milieu de la mer» Jean-Pierre Calloc’h in Le guetteur (Kendalc’h éditions, 1996), p. 60..
(2) Voir ici.
(3) Voir ici.
(4) Missionnaires évangélistes en Basse-Bretagne (XVI et XVIIe siècles) suite au Concile de Trente.
(5) In Mort à crédit, Louis-Ferdinand Céline.

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