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Faute d'alternative libérale convaincante, les Wallons succombent sans retenue à l'appel des sirènes de la gauche écolo bobo

Publié le 29 septembre 2009 par François Collette

Le dernier « baromètre » politique (trimestriel) de La Libre Belgique nous apprend sans surprise que rien ne change en Wallonie : une grande majorité du bon peuple électeur (67,5 pc) continue à succomber aux sirènes de la gauche socialiste écologiste et « humaniste » qui conduit la Région et son pendant, la Communauté française (incluant les Bruxellois francophones). Les chiffres sont plutôt fiables car ils restent dans la ligne des élections régionales de juin dernier qui ont abouti à la reconduction de l’alliance ‘rouge-romaine’ (PS-CdH) à laquelle s’est joint Ecolo pour cinq longues années.

Vue de l’extérieur, cet état des lieux a de quoi surprendre alors que la Région et la Communauté française, gérées majoritairement depuis trente ans par les socialistes, se débattent dans d’incalculables difficultés budgétaires qui empêchent toute politique audacieuse de relance et qui laissent la Wallonie à la traîne dans beaucoup de domaines.

Il y a plusieurs raisons à cela. Il y a bien sûr – refrain connu - le clientélisme poussé à l’extrême d’un PS tentaculaire qui a toujours privilégié l’assistance sociale plutôt que la réussite et l’ambition. Il y a aussi, et c’est dans l’air du temps, la mode écologiste qui arrive à point nommé. Le courant écologiste séduit de nombreux citoyens – dont beaucoup de jeunes – ne voyant que l’arbre vert qui cache une forêt teintée de rouge vif. Ajoutez-y deux leaders dotés de charisme – Elio Di Rupo (PS) et Jean-Michel Javaux (Ecolo) – qui à eux seuls séduisent près d’un électeur sur deux. Le CdH (chrétien-démocrate) opportuniste à souhait et fidèle caniche du PS fait l’appoint « au cas où » - risque à ne pas négliger - les écologistes incontrôlables feraient faux bond en cours de législature (il ne peut en effet y avoir d’élections régionales anticipées). Mais il y a pire.

La déglingue libérale

La cause principale de cet élan, selon moi assez irrationnel, se trouve dans la grande faiblesse de l’opposition libérale (MR, 22 pc) conduite par son très contesté président Didier Reynders. Après une campagne électorale hargneuse et désastreuse à défaut d’un programme porteur, le personnage paraît ne pas avoir encore compris qu’il devait laisser la place, comme le dit et le fait son alter ego nordiste Guy Verhofstadt, président intérimaire des libéraux flamands : ” … nous avons fait quelques erreurs capitales. Nous avons emmené le parti dans une spirale descendante. Nous avons manqué d’unité. Nous nous sommes trop occupés de stratégie et de tactique et ne nous sommes pas souciés assez de la nécessité de créer un projet d’avenir … Il faut une rupture et il faut d’autres figures de proue, des plus jeunes“. Il y a toutefois peu de chance que M. Reynders en prenne acte alors qu’il a cadenassé presque toutes les velléités de changement au sein de son mouvement.

L’apparition prochaine (mi-octobre) d’un nouveau parti populaire de droite, qui va marcher sans complexe sur les plates-bandes du MR, devrait inquiéter les têtes pensantes du Mouvement Réformateur.


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