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Clones (Surrogates) de Jonathan Mostow

Par Geouf

Clones (Surrogates) de Jonathan Mostow

USA, 2009
Réalisation: Jonathan Mostow
Scénario: John Brancato, Michael Ferris
Avec: Bruce Willis, Rhada Mitchell, Rosamund Pike, Ving Rhames, James Cromwell

Résumé: En 2017, la robotique a fait un bond en avant et les humains vivent leur vie au travers d’androïdes à leur image, les Surrogates, contrôlés par la pensée. Seule une petite partie de la population mondiale refuse cet état de fait et survit dans des camps qui leurs sont réservés. Le jour où le fils du créateur des Surrogates est assassiné par une arme étrange capable d’atteindre un humain à travers son surrogate, l’agent du FBI Tom Greer (Bruce Willis) est chargé de mener l’enquête. Une enquête périlleuse qui va l’obliger à sortir sans utiliser son surrogate et va remettre en question toutes ses certitudes…

 

On n’avait pas de nouvelles du réalisateur Jonathan Mostow depuis le semi échec public et critique du pourtant très correct Terminator 3 (honnêtement, ne venez pas me dire que vous préférez Terminator Renaissance !). C’est donc avec plaisir qu’on retrouve enfin ce solide réalisateur (Breakdown rules !) à la barre d’un projet d’envergure. Et pour l’occasion, il retrouve l’univers de la robotique, ainsi que les scénaristes John Brancato et Michael Ferris, déjà à l’œuvre sur T3.

Pour ce nouveau film, la petite équipe reste dans le domaine de la science-fiction et de la robotique, puisque l’histoire se passe dans un futur hypothétique dans lequel les humains préfèrent vivre leur vie par procuration au travers d’androïdes à leur image. Un sujet a priori passionnant, et qui n’est pas sans rappeler les thèmes fétiches des écrits d’Isaac Asimov. Par conséquent, on retrouve une ambiance similaire à celle du I, Robot d’Alex Proyas dans ce Clones (titre français assez mal choisi soit dit en passant, vu qu’il n’est nullement question de clonage ici…). Mostow plante rapidement le décor, décrivant de façon plus que plausible dans un percutant prologue comment l’humanité en est arrivée là. Une fois cette introduction terminée, le film pénètre dans le vif du sujet : un mystérieux double assassinat au cours duquel deux operateurs ont été tués au travers de leurs surrogates.

Clones (Surrogates) de Jonathan Mostow

Ce qui frappe le plus lorsque Bruce Willis et les autres personnages entrent en scène, c’est la sensation de perfection factice. On ne peut que saluer les effets spéciaux du film à ce sujet. En effet, vu que les humains n’interagissent socialement plus qu’au travers de leurs doubles robotiques, la plupart ont choisi d’améliorer ceux-ci : visage lisse sans aucune ride, peau bronzée, coupe de cheveux parfaite, etc. A l’opposé, les operateurs commandant ces doubles se laissent totalement aller, étant donné qu’ils passent tout leur temps dans un fauteuil leur permettant de contrôler à distance ces surrogates : surcharge pondérale, visages bouffis et pas rasés, cheveux ternes et graisseux, la différence est flagrante. Dommage dès lors que Mostow ne creuse pas plus avant cette déliquescence de l’espèce humaine. Clones est certes un thriller de science fiction efficace, mais certaines pistes auraient méritées d’être explorées plus avant et laissent un sentiment de frustration au spectateur. On ne sait par exemple pas vraiment ce que ressentent les operateurs des sensations vécues par leurs doubles, ou encore quelle est la portée du système d’upgrades des surrogates. On découvre en début de film que certaines personnes ont des surrogates pas à leur image (comme ce gros bonhomme qui a un double sous forme d’une jeune femme sexy), mais on ne sait pas si c’est une pratique courante ou non. Et si l’humanité ne communique plus socialement qu’à travers des robots, qui plus est pas forcément à l’image de la personne réelle, comment les gens peuvent-ils se mettre en couple et qu’en est-il de la reproduction de l’espèce ? On a du mal aussi à croire que le crime a été aboli par l’utilisation des surrogates (il est en effet beaucoup plus facile de dévaliser ou de tuer quelqu’un chez lui si on sait que la personne est clouée sur un fauteuil…). Bref, autant de petits éléments qui font que la crédibilité du monde présenté en prend parfois un coup…

Clones (Surrogates) de Jonathan Mostow

Par contre, là où Mostow s’en sort beaucoup mieux, c’est dans la gestion du suspense. Le film est rythmé et haletant, Bruce Willis a toujours autant de charisme et est toujours en forme malgré son âge. Il incarne à la perfection cet agent vieillissant obligé de sortir « en chair et en os » dans le monde réel (la scène dans laquelle il est pris d’une crise de panique dans la rue, au milieu de tous ces robots, est à ce sujet une des meilleures du film). Sa relation compliquée avec sa femme (Rosamund Pike) est aussi très touchante et apporte du cœur au film. Mostow emballe avec efficacité quelques très sympathiques scènes de poursuite, même si celles-ci ont un très fort goût de déjà vu (il semblerait que le réalisateur ne se soit pas vraiment remis de l’expérience Terminator 3).

Clones est donc un film bancal, à la fois très efficace et effrayant dans le fait que le monde décrit à l’écran est peut-être plus proche qu’il n’y parait, mais en même temps il souffre de sévères défauts au niveau cohérence et ne pousse pas assez avant des pistes de réflexion pourtant passionnantes…

Note : 6/10

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