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Sukuma et le boucher Armani de Barbara Souffir

Par Goliath @Cayla_Jerome

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Sukuma et le boucher A rmani de Barbara Souffir

Ici, on n'est pas des pédales, que des hommes qui partagent un bon moment avec les copains.

Dans un petit bistrot où l'on boit un verre entre amis, pas plus d'un verre à la fois, on est entre hommes ; on y peut rien, c'est comme ça. Là, il y a les potes avec qui on regarde les matchs de foot. Il y a Abdel le taciturne, le gros, le con et la grognasse ; que des gens normaux, quoi…

Puis ya la patronne, une personnalité que tout le monde craint un peu, même son mec, parce que c'est quelqu'un ; elle a des couilles la mère ! Bref, un petit rade comme bien d'autre, calme et sentant le pinard et le pastis, la clope et la sueur, la solitude et l'envie. Rien qui puisse perturber la blonde qui fait ses mots fléchés pour tuer son temps et tromper sa solitude au chaud, ni Abdel qui marmonne ses prières en regardant l'écran, ni même les pintes qu'on s'enfile sans se voir en se parlant de nous même et d'une vie que personne n'a. La vie est simple et, personne n'attend notre retour le soir, à la maison.

Puis un jour, il y a ce type en costard noir, tiré à quatre épingles, un lord presque. Il a des lunettes noires dans un clandé où brille une lumière crue depuis les néons, immobile et silencieux. Un drôle de mec à l'eau pétillante qu'on n'ose pas regarder de trop. Un gars trop beau et trop bien pour un tel endroit. Il en impose le gus…

Soudain, il s'approche de la gonzesse qui cruciverbe dans son coin, lui prend la tête dans ses mains, puis d'un geste aussi vif qu'un éclair lui arrache un œil.

Ici, on est des hommes, mais au travers des vapeurs d'alcool et des taches de sang on commence à s'étonner, on comprend mal. On est des mecs, des vrais qui n'ont pas facilement peur, mais lorsque le gus au joli costard s'approche de moi, je sens que je m'oublie dans mon pantalon alors qu'il tient encore l'œil dans ses doigts...

Une nouvelle qui se dévore entre bière et sang, au-delà du fait divers, presque du vaudou. Une ambiance que les amateurs d'hémoglobine apprécieront.

Encore une nouvelle qui décoiffe chez Filaplomb, l'éditeur de nouvelles…

L'auteur (source éditions Filaplomb) :

Barbara Souffir s’appelle aussi BB Danger, Barbie des Rues ou La Rock'n'roll Odalisque… Autant de pseudonymes nécessaires pour concilier ses contradictions : jeune vieille femme, écervelée brillante, altruiste misanthrope, spirituellement épicurienne, femme fatale de pacotille…
A 7 ans, elle se découvre musicienne et le restera. A 18 ans, elle sillonne les bars de banlieue et y étudie l’homme des comptoirs avec tendresse. A 21 ans, elle joue les Ariane de la plume sur la toile virtuelle juste pour faire son intéressante. A 24 ans, elle publie la nouvelle que vous tenez dans vos mains, résultat de ses errances et de ses visions. Sa conclusion ? La vérité humaine se trouve d’abord dans ses addictions.

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LES COMMENTAIRES (1)

Par Barbara Souffir
posté le 19 octobre à 23:25
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