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Introspection

Publié le 25 septembre 2009 par Anaïs N.
INTROSPECTION Peinture de Francine Van Hove

Bientôt 50 ans, je m'en cache à peine. Je vous ai, hier, brièvement relaté cette histoire avec cet ancien député du Calvados qui me poursuit de sa rancoeur et d'une assiduité dont je me serai bien passée. Il écrit bien, ce monsieur et au début, je me suis laissée charmer par les mots qu'il laissait en commentaires sur mes billets. Puis, un jour, sur Facebook il a trouvé ma véritable identité et c'est là que tout a dérapé. Il m'a accusée de l'avoir de mes yeux verts ensorcellé... Tout un poème... C'est drôle, j'ai toujours attiré les hommes engagés en politique, sans distinction d'étiquette...

Bientôt 50 ans, et de plus en plus, je répugne à me regarder dans un miroir mais ai-je vraiment changé ? Quelques kilos de plus et des ridules au coin des yeux, mais plus que tout, au fond du coeur une blessure vive et incisive qui n'en finit plus de saigner sans que je parvienne à pardonner à ceux qui me l'ont infligée...
... Oui, j'ai changé en quelques années. J'ai cessé de me rebeller. J'ai abdiqué mais j'ai surtout cessé d'aimer. Cela me rappelle une très belle chanson de Véronique Sanson... " Ma Révérence"

"Et mon coeur sera froid, ne saura même plus s'affoler,
il ne deviendra qu'une vieille horloge à réparer,
il n'y aura plus de flamme, il n'y aura plus de femme...."

C'est une chanson que j'ai fredonnée adolescente et aujourd'hui, j'en mesure le plein sens. Je ne sais plus aimer...
Comme je ne me suis jamais aimée. Je suis petite, toute petite, trop petite. Quelques centimètres de plus m'auraient ils aidée ou décomplexée ? Il n'est plus temps de s'en soucier. Du reste, la plupart des hommes ne me voient jamais du premier regard. Je suis si petite au milieu des autres femmes. En général les hommes n'ont d'yeux que pour les grandes blondes ou les bombes latina. C'est ensuite qu'ils daignent m'apercevoir. Là, en général, et c'est l'expérience qui parle, ils se laissent surprendre par un regard... vert... comme me l'a écrit cet ex député du Calavados...

C'est certainement ce qui est arrivé à Paul. Il ne s'appelle pas Paul, bien entendu. Au début, son regard glissait sur moi, méprisant, indifférent. J'avais à mes côtés ma consoeur brune, insolente, pétulante, tonitruante... Puis, Paul a du finir par croiser mes yeux verts et trouver à ma silhouette, un peu de grâce puisqu'il tend dangereusement à se rapprocher de moi depuis quelques temps. Quel age a Paul ? Je l'ignore. 40, 45 ans... Il est plus jeune que moi, c'est certain. Encore un. J'ai souri hier, tout au fond de moi quand il s'est penché sur mon épaule pour me demander de lui trouver ce renseignement. Il savait pertinement que son problème était insoluble, même par moi. Mais cela lui donnait une occasion de flairer la fragrance verte et légère que je dépose au creux de mon cou pour travailler décemment...
Je suis devenue calme avec les hommes car ils m'indiffèrent... ou peut être pas. Tout au plus, cela m'amuse. Et alors, que ce matin pour me donner le courage d'aller travailler, je me suis surprise à penser à Paul et à le glisser dans la peau d'un amant potentiel. Je me suis dit "voilà ce qu'il te faut un amant pour repartir vers l'avant !" J'ai haussé les épaules. A quoi rimerait une aventure galante avec Paul ? Je ne suis même plus certaine de désirer un homme...

Ce matin, justement, Paul a profité d'un moment creux pour venir me parler de ce chantier et de ce problème qu'il a résolu... Paul est un vieux routard dans cette profession. Lui comme moi savions bien que cette question n'en était pas une, évidemment... Oui, Paul était face à mon poste de travail pour me parler de son rendez vous d'hier, détournant le regard quand j'ai ôté mes lunettes pour lui répondre en face... Et c'est alors que je regardais distraitement la liste de mes @mails que Paul a disparu dans un brouillard épais, non pas d'un milliard d'années mais de presque 20 ans quand même... Oui 20 ans...

... Ironie du sort... Alors qu'hier soir, j'ai fermé ma page Facebook pour échapper à mes assaillants, mais aussi avec l'envie de redevenir une "femme préhisto"... un nom, une invitation à rejoindre le célèbre site de réseau. Un homme qui m'a écrit, il y a un an, que tout dans sa vie était devenu subversif et que par conséquent.... J'ai déjà parlé de lui dans mes blogs successifs sous le nom du Serpent d'Asclépios, un homme aimé éperdument et que j'ai retrouvé l'an passé brisé par une double AVC... Serait-il remonté à la surface de ses eaux troubles pour venir à nouveau me rechercher ?

Paul s'est dilué, j'étais troublée... Le venin du serpent s'était remis à couler dans mes veines, mon pauvre coeur s'est affolé, il n'est pas encore devenu une vieille machine à réparer...


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