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Médiocrités médiatiques

Publié le 03 octobre 2009 par Pierre

164ASPea3933446Les média ont la mauvaise habitude de ne pas bien faire leur travail. Alors qu’on leur demande de nous proposer une analyse compréhensible d’un monde complexe, ils se rendent souvent coupables de manquer de recul, de se focaliser sur l’accessoire et de faire le jeu de ceux qui connaissent les rouages du système médiatique.

Quelques exemples récents, assez agaçants par leur répétition.

Le sympathique Polanski. Roman Polanski est menacé d’extradition vers les Etats Unis pour être jugé pour une affaire de détournement de mineure en 1978. Il a enfreint la loi, doit-il payer, trente ans après ? Je n’en sais rien, mais lui bénéficie de la mobilisation de politiques français et de stars d’Hollywood, mobilisation évidemment largement relayée par les média ; le quidam moyen devra faire face à la justice dans l’indifférence générale. Polanski, célèbre et sympathique, mérite qu’on l’aide, lui !

Brice Taton et les victimes des tsunamis. Entendu ce matin à la radio : cérémonie ce soir au stade de Toulouse en l’honneur du supporter tué la semaine dernière à Belgrade, joueurs entrant dans le stade avec tee shirt à son effigie, immense banderole déployée dans le stade. Etalage d’émotion pour « l’un des nôtres ». Titre suivant : plus de 1000 victimes d’un tsunami dans le Pacifique, voix neutre et indifférente du présentateur radio.

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Villepin et les anonymes. Le procès Clearstream semble être celui de Villepin, tant celui-ci s’agite dans les media depuis plusieurs semaines. On ne voit et n’entend que lui. Son plan comm est complaisamment relayé par les journalistes, qui oublient que le procès Clearstream concerne aussi quelques milliers d’autres anonymes.

Réciter dépêches AFP et communiqués de presse, puis interviewer quelques imbéciles sur le coin d’un trottoir ou au bistrot pour noyer l’absence d’analyse dans des témoignages inintéressants, c’est ça le travail d’un journaliste ?

Serait-ce trop leur demander que d’avoir un peu de distance ? De réfléchir un peu, d’analyser, d’exercer leur sens critique ? De nous aider à discerner l’essentiel de l’accessoire, de sortir de la dictature du court terme, de décrypter les discours convenus ?

Comment imaginent-ils nous donner envie de payer pour acheter leurs journaux ? Pas en les garnissant de pages culture et mode dont on se fout, ni en nous infligeant des suppléments gratuits sur papier glacé, encore moins en nous offrant un lecteur DVD ou un grille pain pour tout abonnement. Et s’ils faisaient correctement leur travail, tout simplement ?


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