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Une anecdote de Carlos Larronde, à moins que d'Olivier-Hourcade, sur Saint-Pol-Roux

Par Spiritus
Il a beaucoup été question de Carlos Larronde dans le dernier BULLETIN des AMIS de SAINT-POL-ROUX. Et voilà, que quelques semaines après sa publication, je déniche deux numéros de La Revue de France et des Pays Français, rare publication co-dirigée par Larronde et Olivier-Hourcade, tout droit issue des non moins rares Marches du Sud-Ouest. Le titre de celle-là, comme de celle-ci, est explicite : il s'agit bien d'une revue "régionaliste", mais d'un régionalisme ouvert aux tendances les plus neuves de la capitale. Voici ce qu'en disaient, au seuil du premier numéro, les deux directeurs :
"Régionalistes nous sommes, et nous l'avons prouvé. Peut-être ne concevons-nous pas cependant la décentralisation comme ces jeunes faces bleues ou ces vieux crânes roses qui ne voient dans ce mot que prétextes à conférences dans tel salon parisien ou telle "Université boulevardière" sur la simplicité des moeurs rustiques de leur province natale, qu'ils vantent mais ne suivent pas.
Notre but sera de réveiller dans chaque région, dans chaque ville, et si nous en avons la force dans chaque bourgade, la vie intellectuelle, morale et économique originale qui y sommeille.
Faire connaître à chaque coin de France ses écrivains, ses artistes, ses savants, ses industriels même et lui apprendre les ressources parallèles, mais de qualité différente, des autres parties de la Patrie et les efforts de ceux qui travaillent pour nous, notre influence et notre gloire à l'étranger, voilà dans sa fière simplicité le but premier que se propose notre Revue et qu'elle atteindra, car les amitiés ne lui manqueront point."
Et les amitiés, effectivement, ne manquèrent point, puisque Larronde & Hourcade purent s'enorgueillir de recevoir le soutien et des textes de Claudel, Canudo, Tancrède de Visan, Emile Verhaeren, Henri-Martin Barzun, etc., pour les deux premières livraisons.
Une anecdote de Carlos Larronde, à moins que d'Olivier-Hourcade, sur Saint-Pol-Roux

Je ne crois pas que Saint-Pol-Roux y collabora, bien que Larronde n'eût pas manqué, sans doute, de l'engager à le faire. Son nom n'est toutefois pas absent de la revue, et la quatrième de couverture du n°2 et 3 (Mars et Avril 1912) annonçait "pour paraître prochainement" aux Editions de "La Revue de France", une plaquette de Dorsennus, intitulée : Un poète Marseillais : Saint-Pol-Roux. Deux articles de Dorsennus (alias Jean Dorsenne), consacrés au Magnifique, paraîtront, l'un dans La Phalange, l'autre dans la Revue de France, mais l'étude ne vit pas le jour sous la forme initialement annoncée.

On retrouve Saint-Pol-Roux dans les "Echos" de la même livraison, héros d'une anecdote, non signée, mais qui doit être de Larronde, l'un des Bordelais présents, à moins que d'Hourcade, l'autre Bordelais :

UN GESTE DE SAINT-POL-ROUX

Ils étaient trois poètes, deux jeunes Bordelais et un grand Marseillais de Camaret. Ils causaient dans la rue de Constantinople. Ils s'arrêtent devant un atelier de modistes. Ces demoiselles rient derrière la vitre. Alors l'aîné des trois poètes... magnifique, entre dans la boutique proche d'une marchande de fleurs et revenant aux jeunes filles leur donne le bouquet de violettes qu'il vient d'acheter.

- Elles se moquaient de nous. Je leur ai montré comment se vengent les poètes.


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