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La douceur de l’enfance avant le consumérisme – l’adaptation de « le Petit Nicolas »

Par Amaury Watremez @AmauryWat

Le%20Petit%20Nicolas%20Goscinny%20Sempe.jpgJe suis allé voir le film en ayant à l’esprit toutes les mauvaises critiques des grands esprits des z-inrocks ou de Tecknikart, ou encore du Nouvel Obs, entre autres, pour qui ce film est réac, de droite et crypto-catho car montrant, ô scandale, une famille traditionnelle heureuse, mode de vie niaiseux pour la jeune personne moderne et libérée des z-inrocks. Ils invoquent pour se justifier le fait que ce film trahirait l’esprit de Sempé (oubliant Goscinny qui d’ailleurs avait dû faire face à ce genre de critiques après « soissantuite » à « Pilote »). Évidemment, on est loin de notre époque, voir des enfants sans portables, qui ne se soucient pas de porter des marques ou non, qui ne sont pas conditionnés par la publicité, qui ne regardent pas d’émissions abjectes de téléréalité, ça fait drôle. En plus, le film ne se soucie même pas de parler de diversité, du « problème » des banlieues. C’est normal, c’est un conte de fées, comme les histoires l’étaient aussi, Goscinny y recréant sa propre enfance, ici idéalisée, montrant bien l’irréalité de la chose en choisissant des prénoms déjà désuets dans les années 60, excepté Nicolas qui est le nom du fils de Sempé. Si le décor du film est Montmartre, comme « Amélie Poulain », c’est un Montmartre moins ripoliné, l’on retrouve en fait le quartier tel qu’il était avant sa « bobolisation » il y a une quinzaine d’années.

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Le film suit le fil rouge du petit frère imaginaire que s’invente Nicolas, source de ses problèmes car perturbant l’ordonnancement de la petite vie bien tranquille qu’il mène jusque là avec ses parents. Ce fil rouge permet de relier plusieurs histoires des recueils. Kad Merad et Valérie Lemercier composent des parents très « chouettes » de Nicolas, François-Xavier Demaison est un « Bouillon » réussi et même Sandrine Kiberlain que je ne supporte pas par ailleurs (excepté dans « un petit jeu sans conséquences ») est une maîtresse de rêve (maîtresse = institutrice veux-je dire : ah, ah, ah, suis-je spirituel). Des gosses, je trouve que Clotaire, le dernier de la classe et le plus rêveur, Agnan, fayot presque effrayant qui monnaie parfois ses renseignements, Alceste, tel qu’en lui-même, et Nicolas lui-même sont les plus réussis de la bande. Il y a quand même en sous-texte les angoisses des enfants, leur souffrance cachée, comme celle de Geoffroy, qui ne voit jamais son père, qui ne l’aime pas ou celle de Nicolas, petit garçon imaginatif et presque "modianesque" par instanbts, qui ne sait pas trop ce qu’il veut faire plus tard, amoureux de Marie-Hedwige, petite peste qui le mène par le bout du nez. Le tout est certes filmé classiquement, quelques baisses de rythme venant des scènes imaginées vraisemblablement par Alain Chabat : Agnan se transforme réellement en cafard, il se retrouve devant un tribunal, etc.. Si le film n’est certes pas un chef d’œuvre, il permet de retrouver une partie de l’esprit d’enfance car tous sages qu’ils soient, les enfants de la bande de Nicolas ne sont pas si dociles que cela, comme le montre la scène parodiant « les choristes ».


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