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Compenser, mode d’emploi

Publié le 05 octobre 2009 par Fabulousfab

Nos gestes quotidiens ont un impact sur l’environnement, et que ce soit en voiture, en train ou en avion, nos départs en vacances provoquent des émissions de gaz à effets de serre, notamment du dioxyde de carbone (CO2). Les voyagistes, les compagnies aériennes et désormais voyages-sncf.com proposent de « compenser ». De quoi s’agit-il et comment faire ? La réponse de voyageur-responsable.com.

Blue Earth on keyboard

Nos émissions de CO2 ne se font pas qu’au moment de partir en vacances, en réalité tous nos gestes de la vie quotidienne ont un impact sur l’environnement: le chauffage, les déplacements, les consommations d’énergie… Il faudrait dans l’idéal que chacun fasse son « bilan carbone », afin de tenter de réduire son propre impact. En attendant la réalisation de cette utopie, ce sont les vacances qui ont été pointées du doigt en premier. Et c’est la première activité pour laquelle ont été mis en place des programmes de compensation, pour « racheter » les émissions de CO2 liées aux déplacements en finançant des projets qui vont réduire un même volume de gaz à effet de serre. Le mode d’emploi en est plutôt simple, pour financer des activités de compensation multiples.

Calculer et compenser

La plupart des transporteurs ont mis en place des calculateurs qui permettent d’estimer la production de CO2 d’un déplacement en fonction du lieu de départ et d’arrivée, du moyen de transport utilisé, de la classe de transport utilisée et du nombre de voyageurs à bord. Un aller-retour Paris New York produit par exemple 2,94 tonnes de CO2 par passager. Le coût environnemental de CO2 est de 71 € et le passager peut choisir d’investir volontairement cette somme dans le financement d’un projet de compensation. Les calculateurs se trouvent généralement sur les sites Internet des compagnies aériennes (Air France, British Airways, Transavia,…), sur celui des voyagistes (Voyageurs du Monde,…) ou encore sur celui de voyages-sncf.com (www.actioncarbone.org/voyages-sncf). La compensation volontaire prend la forme d’un don. Pour Voyages-sncf.com, ces dons, payables par carte bancaire ou par chèque, iront au programme Action Carbone de GoodPlanet qui finance des projets d’énergies renouvelables et de reforestation dans les pays du Sud.

Il faut bien le reconnaître, les outils de calcul ne sont pas tous équivalents car certains affichent la stricte quantité de CO2, tandis que d’autres intègrent tous les gaz à effet de serre. Cependant l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’Energie) a travaillé, notamment avec l’Association GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand, pour valider les méthodes de calcul et considère aujourd’hui qu’ils sont fiables. A noter que Planète Urgence ou Climat Mundi vont plus loin que le simple calcul d’un déplacement en proposant à chacun de calculer ses émissions de CO2 pour le chauffage de son habitation ou de ses bureaux, son électro ménager ou son moyen de transport habituel. Un tour complet pour aller au-delà des vacances.

Des programmes pour quoi faire ?  

Les programmes de compensation financent des programmes innovants bénéfiques pour le climat comme la reforestation. Les projets menés par les associations françaises sont variées. Planète Urgence, avec son programme 1 € = 1 arbre, participe à des programmes de reforestation en Indonésie, à Madagascar et au Mali. Action Carbone participe à la régénération naturelle de la forêt en Colombie, sur la Sierra Nevada. Le but est de rétablir les écosystèmes antérieurs tels qu’ils existaient préalablement à leur dégradation, de façon à disposer des ressources nécessaires à la subsistance et au mode de vie des Indiens Kogis, derniers héritiers des grandes sociétés précolombiennes du continent sud américain. Les conditions climatiques de la région vont permettre, en fonction du nombre d’hectares rachetés, la fixation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de CO2 sur une dizaine d’années grâce à la régénération spectaculairement rapide des écosystèmes. Les espaces reboisés ne sont pas voués à l’exploitation mais peuvent fournir des services nécessaires aux populations locales en matériaux, graines, abris pour la faune, bois de chauffe, remèdes, textiles, teintures, fruits, poissons,… L’action est suivie par une association implantée sur place (Tchendukua – Ici et ailleurs, créée en 1997) pour le rachat des parcelles.

D’autres Associations recherchent des projets pour développer des énergies renouvelables ou renforcer l’efficacité énergétique. Climat Mundi finance ainsi plusieurs projets dont le remplacement, en Erythrée, de foyers de cuisson à bois traditionnels par des foyers à bois (seule ressource locale) à haut rendement. L’Association travaille également sur une petite usine de production d’électricité, en Inde, à partir de résidus agricoles, ou encore (en Chine), au financement d’une petite usine hydroélectrique pour remplacer des centrales thermiques au charbon. Le GERES, avec son association CO2 solidaire, finance au Cambodge ou au Maroc des programme de diffusion de foyers de cuisson domestique économes en bois. Il finance la construction de batiments solaires passifs dans la région de l’Himalaya, en Inde, ou encore travaille sur l’efficacité énergétique dans les batiments en Afghanistan.

Participer à des projets pour réduire les émissions de gaz à effets de serre correspond à une prise de conscience, mais pas à un « droit de polluer » ! Cela n’empêche donc pas de faire des efforts sur ses émissions de carbone, puisque le carbone le plus facile à compenser est celui qu’on ne rejette pas ! L’éco-comparateur de la SNCF va ainsi plus loin que la compensation en proposant, avec l’Ademe, de calculer l’impact sur l’environnement de chaque mode de transport, afin d’essayer de choisir le mieux disant. Par ailleurs et pour un geste quotidien, certaines associations comme Climat Mundi proposent à chacun, après bilan carbone, de mettre en place un plan de réduction de ses émissions (Eviter de prendre la voiture, privilégier les moyens de transport en commun, réduire la température du chauffage, choisir de consommer des produits à faible impact carbone,…). Un Français émet chaque année l’équivalent de 8,8 tonnes de CO2 en moyenne, « c’est plus de 4 fois ce que la Terre peut absorber par an et par personne », selon Voyages-Sncf.com. Les vacances ne doivent pas être un moment de mauvaise conscience, c’est au quotidien qu’il faut y penser !

Pour en savoir plus Le site d’Action Carbone www.actioncarbone.org

Le site de Planète urgence www.planete-urgence.org

Le site de Climat Mundi www.climatmundi.fr

Le site CO2 solidaire www.co2solidaire.org , fondé par le GERES, «Groupe Énergies Renouvelables, Environnement et Solidarités», une ONG de développement créée en 1976.


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