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Statistiques: Pratiques cliniques en TEV

Publié le 06 octobre 2009 par Suzanneb

La thrombo-embolie veineuse (TEV) est une des complications les plus courantes et les plus évitables durant une hospitalisation.

Vous avez peut-être entendu parler de la campagne «Soins de santé plus sécuritaires maintenant!», campagne qui vise à améliorer la sécurité des soins offerts aux patients au Canada par l’apprentissage, le partage et la mise en œuvre de stratégies qui ont permis de réduire les événements indésirables évitables. Dans la phase 2 de la campagne on a étudié les résultats d’une enquête nationale. Voici quelques extraits de ce qui se dégage suite à cette enquête.

La thrombo-embolie veineuse (TEV) inclut la thrombose veineuse profonde (TVP) et l’embolie pulmonaire (EP). La TVP survient quand un thrombus se forme dans une veine de la jambe, causant de la douleur à la jambe et un oedème ou une enflure. Un thrombus (caillot sanguin) dans une veine de la jambe peut se développer, se détacher et circuler dans le sang jusqu’aux poumons. Il peut en résulter un essoufflement ou une douleur thoracique et, dans certains cas, la mort. Les thrombus qui se rendent aux poumons causent l’embolie pulmonaire.

Les patients qui ont une TEV risquent également de connaître des événements thromboemboliques récurrents (de 10 à 30 %) au cours des cinq années suivantes. Sur une période de dix ans, entre 30 et 50 % des patients ayant une TVP contracteront une maladie post-phlébitique, accompagnée d’oedèmes chroniques aux jambes, de malaises et d’ulcères possibles aux jambes.

La TEV est une des complications les plus courantes et les plus évitables durant une hospitalisation. En l’absence d’une thromboprophylaxie appropriée, le taux de TEV nosocomiale est de 10 à 40 % après une chirurgie générale et de 40 à 60 % après une chirurgie de remplacement de la hanche.

Plus de 25 lignes directrices en matière de pratiques cliniques basées sur des données probantes ont été publiées et sont facilement disponibles.

Compte tenu de toutes ces données probantes, les hôpitaux canadiens adhèrent-ils aux lignes directrices?

Lors d’une enquête nationale, 86 % des hôpitaux canadiens ont indiqué qu’ils fournissent automatiquement une thromboprophylaxie aux patients ayant subi une chirurgie de la hanche. Toutefois, seulement 33 % des hôpitaux canadiens ont déclaré qu’ils fournissent automatiquement une thromboprophylaxie aux patients ayant subi une chirurgie générale majeure. La thrombo-embolie veineuse postopératoire a été associée à une hospitalisation prolongée de cinq jours et à la multiplication par deux des coûts des séjours à l’hôpital. Le taux de létalité [décès] après 30 jours est de 5 % dans le cas de la thrombose veineuse profonde (TVP) et de 33 % dans le cas de l’embolie pulmonaire (EP).

Phase 2 de la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant!

Complément d’information:

Prévention de la thromboembolie en chirurgiegénérale majeure – 10 stratégies

Mesures d’intervention
Thromboprophylaxie appropriée:

  • La prophylaxie recommandée en vertu des 8e lignes directrices de l’ ACCP (2008) pour les patients en chirurgie générale
  • La prophylaxie commencée dans les 24 heures suivant la fin de la chirurgie
  • La prophylaxie continuée jusqu’au congé de l’hôpital ou pendant au moins 10 jours après la chirurgie, si l’hospitalisation postopératoire est >10 jours

Considérant que:

  • La TEV est la complication la plus courante et la plus évitable durant une hospitalisation,
  • Les mesures ci-dessus sont réputées pouvoir diminuer sensiblement les événements indésirables suite à une TEV,
  • Seulement 33% des hôpitaux canadiens fournissent une thromboprophylaxie aux patients ayant subi une chirurgie générale majeure,
  • Les taux de TEV nosocomiale et de décès assez élevés dans les statistiques mentionnées ici,

Je me demande ce qu’on attend pour obliger tous les hôpitaux canadiens à mettre en place les pratiques cliniques suggérées ?

Et le Québec ?

J’ai lu le rapport sur les réussites de la «Campagne soins de santé plus sécuritaires maintenant!» et il en ressort que, pour ce qui est des différentes mesures (incluant les pratiques cliniques en TEV):

  • Il m’a été difficile de trouver des exemples de réussite au Québec.
  • Il n’y a pas non plus de graphique indiquant l’adhésion (par province) à ces pratiques.
  • De nombreuses autres mesures sont à l’étude pendant cette campagne.
  • Je n’ai trouvé aucune évidence quant à l’adoption de celles-ci, de même que les résultats obtenus pour le Québec, si tant est qu’il en existe.

Un oubli de taille:

La «liste de contrôle pour une chirurgie sécuritaire» n’est mentionnée nulle part dans les mesures mises de l’avant pour cette campagne. Il me semble que ce devrait être un élément essentiel dans la recherche de soins plus sécuritaires non ?

L’Ontario et les provinces de l’ouest ont déjà mis en place dans certains hôpitaux cette liste de contrôle, qui sauve des vies. Mieux encore, en Ontario, cette liste sera imposée aux hôpitaux dès 2010.


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