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DEPECHE MODE STORY part 17 : Sounds of the universe

Publié le 06 octobre 2009 par Devotionall

Tiens, c’est vrai, je n’ai toujours pas parlé du dernier album en date de Depeche Mode, Sounds of the Universe. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les avis sont partagés. Le mien aussi fut mitigé, à la première écoute. Le principal défaut, pour beaucoup, c’est l’absence de ligne mélodique claire, sur ce disque. Faites donc ce test : essayez d’écouter tous les titres expurgés de la voix de Gahan ( ou de Gore ) pour ne retenir que la musique en elle-même et ses arrangements. Vous allez vous rendre compte qu’un certain minimalisme s’impose, peu d’élaborations sophistiquées et romantiques, souvent remplacées par une longue série de « blips » ou de petits bruits synthétiques, fruit d’une longue collection initiée par le père Gore, qui a passé une année pleine à collecter des claviers vintage sur ebay. Après les avoir essayés et avoir utilisé le résultat pour ce SOTU, on a même parfois l’impression d’avoir droit à un hommage appuyé à Kraftwerk, et à tous ces pionniers ( souvent teutons, et on connait la passion de Martin pour Berlin…) de la musique électronique. C’est évident sur « Fragile Tension », un des morceaux les plus cheap, qui ressemble plus à une démo mal dégrossie, et cela volontairement, de surcroit. Ou encore « Perfect » et son intro robotique, qui sonne vraiment comme du Depeche Mode d’avant les guitares, concentré plus que jamais sur les octaves du Moog et les prouesses de l’Emulator.


Cela dit, après avoir digéré ce nouveau disque finalement peu enclin aux concessions commerciales, l’honnêteté me fait dire qu’il est quand même bien garni en petites pépites. D’abord avec l’introductif « In chains », qui prend le temps de monter en puissance sur les ailes d’un double échange vocal de très haut vol, et qui atteint sa cible d’emblée. « Wrong » est un single noir et oppressant, une version courte, un petit frère jumeau de « Barrel of a gun » qui a parfaitement rempli son office de messager pour le nouvel album. J’adore aussi « Peace », n’en déplaise à beaucoup. Volontairement naïf et à la limite de la pop guimauve, ce titre est aussi et surtout l’occasion de sublimer les dernières trouvailles synthétiques de Martin, et de pondre un refrain fédérateur assez béta, mais dont on ne se lasse pas ! « Corrupt » en fin d’album, est une excellente conclusion qui auto parodie l’image que véhicule Depeche Mode, mais que le groupe ne joue malheureusement pas en concert. Honneurs aussi au bluesy-rock « Miles away » qui apporte un peu de vitamine C et de sueur à l’ensemble, au délicat « My little soul », fragile construction sonore tout en cristal, et à « Come back », une comptine glacial et mélancolique, qui a juste le défaut de beaucoup d’autres morceaux : Gore s’est moins foulé qu’à l’accoutumée pour les paroles des chansons, et Gahan (c’est lui, dans ce cas là ) ne fait pas mieux, quand on lui laisse la plume. Reste le bizarroïde « Hole to feed », baroque mais intelligent, et un seul titre confié au falsetto de Martin, un « Jezebel » fort modeste, où le meilleur arrive quand le blondinet se tait, assez curieusement. Depeche Mode, après presque trente ans de carrière, peut se permettre ce type de disque, qui ne colle pas forcément aux attentes du grand public, et s’amuse à quelques figures libres et autres vrilles périlleuses, qui leur feront perdre un peu du consensus attendu. Mais ils peuvent au moins avoir la fierté de rester dans la course au titre de groupe de synthé pop le plus malin du monde, et s’éclater dans une énième tournée sold-out ( ou presque ) à travers l’univers, cette fois. C’est déjà pas mal, non ? (7/10)

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