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Nelly Arcan, à suivre au paradis... ou en enfer

Par Pmalgachie @pmalgachie
Nelly Arcan, à suivre au paradis... ou en enferNelly Arcan, qui s'est suicidée à Montréal le 24 septembre, avait 35 ans et avait publié trois romans dont les deux premiers, surtout, avaient attiré l'attention. Quelques sélections de prix littéraires français avaient retenu Putain et Folle dans leurs premières sélections. Des titres chocs et, derrière, des textes forts, déchirés et déchirants.
On n'en restera pas là. Elle avait terminé un nouveau roman, Paradis, clef en main, qui paraîtra le mois prochain au Canada.
Toujours aussi rageuse, Nelly Arcan y parle du... suicide. D'un suicide organisé par Monsieur Paradis, impossible à rater. Antoinette Beauchamp, que sa mère appelle Toinette (et cela lui fait chaque fois penser aux toilettes), est paraplégique. Elle en a marre. Elle ne veut plus vivre.
Je vous raconte cela parce qu'une trentaine de pages, les premières, sont disponibles sur le site de l'éditeur, Coups de tête. Elles méritent d'être lues. Et il faut espérer que les Éditions du Seuil penseront à publier ce livre en France. Sans attendre, voici les premières lignes. Elles font froid dans le dos, maintenant qu'on connaît la fin de leur auteur.
On a tous déjà pensé se tuer. Au moins une fois, au moins une seconde, le temps d'une nuit d'insomnie ou sans arrêt, le temps de toute une vie. On s'est tous imaginé, une fois au moins, s'enfourner une arme à feu dans la bouche, fermer les yeux, décompter les secondes et tirer. On y a tous pensé, à s'expédier dans l'au-delà, ou à s'envoyer six pieds sous terre, ce qui revient au même, d'un coup de feu, bang. Ou encore à en finir sec dans le crac d'une pendaison. La vie est parfois insupportable.

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