Sortie: 21 octobre 2009
> L'histoire: Lycéenne dans une petite ville américaine, Jennifer est une beauté fatale à qui aucun garçon ne résiste. Cette bombe cache pourtant un petit secret : elle est
possédée par un effroyable démon. Mangeuse d'hommes à tous les sens du terme, elle se transforme peu à peu en créature pâle, maladive et meurtrière... Needy, sa discrète amie d'enfance, va
désespérément tenter de protéger les jeunes hommes de la ville, à commencer par son petit ami Chip...
L'année dernière, le monde entier, pour la plupart néophyte, découvrait, avec la sortie de Juno, Diablo Cody, son immense
talent pour la construction d'un scénario original et son sens de la réplique acerbe. Fraîchement oscarisée, l'ancienne stripteaseuse se lançait alors dans la confection de nombreux projets, de
l'excellente série The United States of Tara à l'écriture de Jennifer's Body, déjà vendu de part son speech comme une
film d'horreur féministe. Soit la revanche de Jennifer, superbe pom-pom girl, bien décidée à régler ses comptes avec la gente masculine après avoir été sacrifiée par un obscure groupe de rock,
lors d'un rite démoniaque. Sauf qu'au lieu de mourir, Jennifer s'est retrouvée hantée par une étrange créature, se nourrissant de chair fraîche et de sang chaud. Entourée de Karyn Kusama, réalisatrice de Girlfight et l'une des rares personnalités américaines à avoir avouer son homosexualité, le projet
promettait dès lors d'être sacrément croustillant. D'où l'impression de tomber d'autant plus de haut à la découverte de ce Jennifer's Body, parfait prototype
du film horrifique pour fans de Sum 41 qui se faisait dans les années 90, faussement sexy, faussement effrayant et surtout, faussement sulfureux. Soit une caricature du milieu adolescent et du
rock indépendant qui, s'il pouvait être assez drôle dans un premier temps, se révèle surtout complètement vide.
Outre l'histoire d'une banalité affligeante, Jennifer's Body est surtout une
oeuvre décevante de part le terrible constat qu'il impose. Trop vite confrontée au succès, Diablo Cody semble avoir pris la grosse tête, cherchant, ici,
comme à son habitude la réplique qui tue. Conscient du côté "cool" qu'elle représente, la scénariste se lance alors dans un taclage en règle de la jeunesse Disney, crachant sur Hannah Montana ou Aquamarine. Créant dès lors une sorte de rejet inverse envers cette critique d'une facilité déconcertante, elle qui
ne semble plus avoir grand chose à dire sur l'adolescence après la perle qu'était Juno. Dès lors, Jennifer's Body
prend des allures de teen-movie bas de plafond, à grands coups de casting sériel (Veronica Mars, Newport Beach) et d'une
B.O qui sous couvert de s'auto-proclamer "hype" (Little Boots, Florence and the machine...) fait, au contraire, complètement toc. Même Megan Fox, nouvelle
bombe hollywoodienne, femme plastique avant d'être actrice, ne se révèle qu'être un atout marketting - les scènes de nu ou de baiser lesbien ne sont que du vent -, la belle se retrouvant reléguer
au second rôle. Car Jennifer's Body raconte avant tout l'histoire de Needy (Amanda Seyfried que l'on a tenté, tant bien
que mal, d'enlaidir), meilleure amie de Jennifer prête à tout pour l'arrêter. Tout l'aspect cannibalisme étant dès lors mis de côté, donnant à voir deux ou trois meurtres en hors champ ou en jeux
d'ombres. Pour le gore, il faudra donc repasser tant Jennifer's Body n'a absolument rien à voir avec les chefs d'oeuvres du genre que Juno, un an auparavant,
idolâtrait dans le film éponyme. Pire, la scénariste semble même complètement à côté de ses pompes, parodiant le genre de manière avilissante. Vous l'aurez compris, plus qu'une douche froide,
Jennifer's Body est un véritable coup de gueule, une oeuvre superficielle et d'une grande prétention, franchement décevant de la part de Diablo Cody, dont j'étais pourtant jusqu'alors une grande fan. A fuir.
1. Megan Fox: Transformers
2
2. Diablo Cody: Juno
3. J.K. Simmons: Juno / I love you, man
Crédit photo: Twentieth Century Fox








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