Sortie: 21 octobre 2009
> L'histoire: Au Honduras, la jeune Sayra retrouve son père après une longue séparation. Elle va enfin réaliser son rêve, émigrer avec lui et son oncle aux Etats-Unis. Au
Mexique, Casper est membre de la " Mara ", l'un des terribles gangs d'Amérique Centrale. Pour venger la mort de sa fiancée, il tue un chef de bande et prend la fuite. Sur le toit du train qui
file vers le Nord, entourés de centaines de candidats à l'émigration, Sayra et Casper se rencontrent. Il fuit son passé criminel, elle espère un avenir meilleur: parviendront-ils à échapper
ensemble à leur destin et à franchir la frontière ?
Cinéaste américain, fils d'un père japonais et d'une mère suédoise, étudiant en Sciences Politiques en France, Cary Joji Fukunaga plante sa caméra, pour son
premier film, sur le sol sud-américain, suivant le difficile voyage de Sayra et Casper, deux adolescents à la recherche d'un échappatoire. Soit une expédition à destination des Etats-Unis,
terre promise pour ces peuples démunis, bloqués derrière une frontière "quasi" impénétrable. Sortant sur nos écrans quelques semaines seulement après La Vida
Loca, Sin Nombre apparaît comme l'admirable pendant fictionnel du documentaire de feu Christian Poveda, montrant
la réalité économique et sociale de ces peuples, confrontés toujours un peu plus à la montée des gangs, seules semblant d'issues possibles pour cette jeunesse sacrifiée. S'ouvrant sur
l'embrigadement d'un jeune garçon qui n'est pas s'en rappeler la dernière scène de La Vida Loca, nous plongeant instantanément dans une atmosphère ultra réaliste. Car Sin Nombre est tout d'abord un film qui brille par son
aspect extrêmement documenté, montrant les conditions précaires dans lesquelles ces populations évoluent tout comme les dangers que représente un tel périple. S'intéressant, dans un premier
temps, à dresser le portrait de deux "représentants" de la jeunesse, prenant bientôt des airs de road movie à travers les plaines de l'Amérique du Sud, à dos de ce train où il peut absolument
tout arriver.
A ce titre, Sin Nombre semble ainsi tirer un constat assez pessimiste et
d'autant plus saisissant sur l'état de l'Amérique du Sud. Faisant se rencontrer les deux "perspectives d'avenir" dont peuvent aujourd'hui "espérer" ces jeunes. A savoir, crever dans les
gangs ou partir le plus loin possible, vers ces terres sacrées de l'Amérique du Nord. Car Casper, après le meurtre d'un des chefs de son gang, n'a pas d'autres choix que de fuir. Comme Sayra,
elle qui, coûte que coûte, suit sa famille dans l'espoir (incertain) d'une vie meilleure. Dès lors, Cary Joji Fukunaga suit le trajet de ce (faux) couple
à la complicité aussi tendre qu'affective, les confrontant à la réalité d'un périple toujours plus dangereux. Aussi passionnant que dynamique, Sin Nombre
est à ce titre une vraie réussite, une oeuvre forte, subtile et saisissante ne tombant jamais dans la facilité d'un sensationnalisme ou d'un misérabilisme mal venu. Donnant un film où à la dureté
et au réalisme de ce quotidien se mêle l'attirance de ces deux adolescents, complètement perdus dans un monde bien trop fou pour leurs petites épaules. Soit un premier essai concluant pour
Cary Joji Fukunaga.
> Festival du Film de Sundance 2009: Meilleur film, meilleur réalisateur
> Festival du Film Américain de Deauville 2009: Prix du jury
Crédit photo: Diaphana Films








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