Au plus fort de la crise, les autorités de surveillance du monde entier ont eu très peur de ne pas réussir à éviter l’implosion du système financier. Elles semblent décider à s’en souvenir en se fixant comme objectif de ne plus se retrouver confrontées à des mastodontes trop gros ou trop interconnectés dont la faillite serait insupportable. Et pour cause: si chacun est persuadé que l’Etat viendra toujours à la rescousse, la prudence a peu de chance de devenir une vertu cotée. Or, ce ne sont pas seulement nos impôts et ceux des générations suivantes qui sont en jeu, mais aussi les retraites: les assurances et fonds de pensions étant les actionnaires et créanciers principaux des banques. Alors que l’agence Bloomberg vient de révéler aux contribuables américains qu’ils avaient participé plus qu’ils ne le savaient au sauvetage d’AIG - via une coûteuse garantie apportée par la FED à la valeur des CDS de cet assureur nichés dans le bilan de plusieurs banques -, les premières sanctions tombent. ING, sauvée il y a peu par l’Etat, s’est séparée de son activité d’assurance. Avec des établissements financiers moins complexes et contraints à réduire leurs risques, nous misons collectivement sur moins de croissance pour plus de sécurité. Les années fric ne sont certes pas mortes pour tous; mais la prospérité commune sera, à coup sûr, loin d’être exubérante.
Décryptages du 29 octobre 2009








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