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Cinéman, de Yann Moix: "oeuvre" insupportable et méprisante

Publié le 02 novembre 2009 par Limess

  Cinéman / Yann Moix     Cinéman / Yann Moix

La non-critique, entre dépit et dégoût:

"
Cinéman
ou le film hommage au cinéma le plus anti cinématographique qui soit ?". Telle devrait être la tagline de cette machinerie française, menée tambour battant par Yann Moix, cet "écrivain" et "cinéaste" d'une prétention sans limites. Cinéman est ainsi à la hauteur de sa propre connerie, lui qui est pourtant un grand cinéphile tout en déclarant ne pas avoir remarqué que son oeuvre comportait deux références à Stanley Kubrick. Mouais. Mais, pourquoi tant de haine ? Pourquoi Cinéman ne mériterait pas une critique en bonne et due forme comme le subissent les autres oeuvres sorties dans l'année. Tout simplement parce que, malgré mon bon tempérament et mon respect pour le travail d'un artiste, me postant dans mon siège jusqu'au générique, peu importe la qualité, Cinéman est le premier long métrage où j'ai quitté la salle en son milieu. Trop agacée par ce peu considération de Yann Moix envers les oeuvres qu'il cite... ou plutôt qu'il saccage. N'arrivant uniquement à dire de Taxi Driver, par exemple, que Travis Bickle a une coupe de merde... On voit un peu le niveau.

Car Cinéman, c'est un peu, en un seul film, tout ce que l'on peut faire de plus mauvais dans le cinéma français et le cinéma en général. D'abord, il y a un scénario, torché à la va vite autour d'une histoire qui, a peine commencée, laissait déjà entrevoir sa fin. Un concept, intéressant, mais dont Yann Moix ne sait que faire. Doit-il expliquer chacune de ses citations ou laisser le public retrouver, au fin fond de sa mémoire, quelques images d'un inconscient collectif ? Le cul entre deux chaises, il choisira les deux, mettant dans la bouche de ses personnages des phrases aussi naturelles que "Oh mon dieu, c'est Orange Mécanique, le film le plus violent de l'histoire du cinéma !". Mouais. Ces personnages, justement, aussi antipathiques les uns que les autres à commencer par ce prof de maths, aussi sadique que débile. Ces répliques, aussi, d'une nullité profonde, Yann Moix ayant pourtant fait un travail de post-synchronisation afin de mettre un peu plus d'humour. Réduisant ses protagonistes à appeler tout le monde "petit crotte" et à parler comme si ils étaient doublés par des amateurs des années 90. Donnant un petit côté film étranger doublé à la va vite. Et dans ce vide abyssal, ce n'est certainement pas les comédiens qui viendront relever le niveau, Franck Dubosc et son visage retouché, en tête, ne faisant que ressortir son numéro habituel (x 100). Même l'esthétique est d'une mocheté absolue. Dans l'industrie cinématographique, il y a donc les navets et il y a Cinéman, "oeuvre" insupportable et méprisante, enfonçant un peu plus le dur constat que le cinéma français ne peut qu'être souffrant pour produire des choses pareilles... "J'ai mal à mon cinéma", comme ont pu le dire d'autres avant moi.


  Crédit photo: Pathé Distribution

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