Le narrateur de cette histoire est à peine âgé de huit ans quand il découvre avec son meilleur ami une série de quatre cubes en verre de plusieurs mètres de hauteur fraichement installée dans la propriété de leur voisin, le Duke, un milliardaire aussi mystérieux que célèbre.Mais que peuvent bien signifier ces quatre cubes immenses, posés là, en pleine nature ? Le gamin est médusé et pourtant il ne sait pas encore que désormais c'est toute sa vie qui s'en trouvera profondément modifiée, comme marquée au fer rouge, pour toujours.
Et de fait, alors qu'il égraine un à un les différents évènements qui allaient chambouler son existence, heureux ou catastrophiques, la conclusion est imparable, à chaque fois les cubes y furent, bon an mal an, pour quelque chose...Drogue silencieusement distillée, presque à son insu, le cube tourne progressivement à l'obsession, les années passant, « De petites touches empoisonnées successives entamaient leur travail d'accoutumance. Bientôt, je deviendrai complètement dépendant. »
Un aquarium, un Rubik's cube, une couveuse, que sais-je, et c'est toute la vie du jeune homme, puis de l'homme qui bascule brutalement pour le meilleur et pour le pire.La malédiction des cubes ? Il y a de cela effectivement... Du moins au premier abord, et c'est tout simplement terrifiant.
Les cubes « préparaient le terrain à leur manière, insidieusement. Des petites touches invisibles ici et là. Un événement entraine un événement qui entraine un événement qui. Une mécanique implacable en marche. », jusqu'au coup de théâtre final, un échec et mat retentissant, fatal...Derrière cet étrange récit - confession d'un homme par-delà les ténèbres, qui se lit presque comme un thriller inquiétant et mystérieux, se cache toute une réflexion sur le libre arbitre, le destin, la fatalité et bien sûr la folie...
« Et si tout cela n'était qu'une question de croyance ? »...Un premier roman tout à fait saisissant, qui balade son lecteur d'hypothèse en hypothèse jusqu'à la fin qui tombe comme un couperet
Une jolie réussite ! Un auteur à suivre...
"Il y a quelques années, j’ai vu une exposition à Londres à la Saatchi Gallery consacrée aux Young British Artists. Au cours de celle-ci, j’ai eu un choc devant une œuvre de Damien Hirst, The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living. Il s’agissait d’un grand cube en verre rempli de formol dans lequel était plongé un requin. Ensuite, j’ai eu comme une vision. Du moins, je ne cessais d’avoir en tête cette image d’un grand cube en verre (mais vide) posé sur une pelouse. Et j’ai essayé de construire une intrigue à partir de là… Est-ce que ce livre existerait sans Damien Hirst ? Je ne crois pas, même si au fond, je n’en sais rien. Si je n’avais pas vu cette expo à Londres, je n’aurais pas vu l’œuvre de Damien Hirst et je n’aurais sans doute pas eu l’idée de ce roman. Un événement entraîne un événement qui… C’est également ce que se demande le narrateur de Cubes. S’il n’avait pas aperçu de mystérieux cubes pendant son enfance, aurait-il été toute sa vie été autant fasciné par eux ? J’ai également « emprunté » à Damien Hirst certains titres ou partie de titre de ses œuvres et que j’ai plus ou moins fidèlement traduits pour en faire des titres de mes chapitres. Mais il n’y a pas de requin dans Cubes."
Propos de Yann Suty extraits de son site : Yannsuty.com
Editions Stock - Août 2009







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