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Afghanistan : La panique s’empare du Pentagone

Publié le 05 octobre 2009 par Robocup555
par Jules Dufour

images.jpgLa recrudescence des attaques de plus en plus meurtrières par les Talibans et les insurgés contre les forces de la coalition et la demande de renforts de l'ordre de 40 000 soldats exprimée par le général Stanley McChrystal laissent entrevoir une défaite cinglante des forces militaires occidentales en Afghanistan.

Ce n'est pas encore la panique, mais on s'aperçoit de plus en plus que les stratégies d'occupation armée de ce pays ne permettent pas d'atteindre les objectifs de sa conquête et d'assurer son contrôle. Depuis quelques temps, les "penseurs" du Pentagone croient que la meilleure approche pour "triompher" en Afghanistan serait de se rapprocher de la population civile et lui démontrer que les forces étrangères sont venues pour elles, pour lui bâtir un avenir sécuritaire et pour lui permettre de se développer. Elles pourraient ainsi gagner les cœurs des Afghans et renverser la vague hostile qui se déferle sur elles depuis leur invasion.


L'intensification du conflit par l'ajout de forces supplémentaires massives préconisées par plusieurs représentants de la Chambre et du Sénat aux États-Unis ne fera que reporter à plus tard l'échéance de la défaite et du retrait des armées occidentales de cette région de l'Asie centrale. À plusieurs reprises les chefs des gouvernements des pays engagés dans cette guerre ont tour à tour exprimé des doutes sérieux quant à la possibilité de "gagner cette guerre". Ce fut le cas, notamment, du Premier du Canada qui s'est exprimé en ce sens à quelques occasions : " La déclaration du premier ministre Stephen Harper est limpide : Oubliez ça, les boys, la guerre en Afghanistan est perdue d'avance". C'est à un journaliste de CNN que Stephen Harper a fait cette renversante déclaration. " Nous ne remporterons pas cette guerre seulement en restant là, a-t-il dit. (...) Jamais nous ne battrons les insurgés" ((Mourez pour rien chers soldats ). Au Royaume-Uni, un mouvement de plus en plus fort, devant l'ampleur des pertes en vies humaines dans les guerres d'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak, a réussi à faire en sorte qu'une enquête soit réalisée concernant l'implication de la Grande Bretagne dans le conflit irakien.


I. Des raids meurtriers contre les populations civiles

Selon de nombreux reportages publiés récemment "les forces étrangères en Afghanistan tuent régulièrement des civils dans des combats et des bombardements contre les insurgés. Ces "bavures" provoquent la colère de la population et des autorités afghanes. En 2008, 2 118 civils ont été tués dans des violences, en majorité au cours des bombardements des forces internationales selon les Nations Unies. L'ONU estime que les forces pro-gouvernementales sont responsables de la mort de 39% d'entre eux. Jusqu'à 90 personnes ont été tuées au début de septembre dernier à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, dans le bombardement de citernes de carburant par les forces internationales, le nombre encore incertain de civils parmi les victimes poussant l'ONU, l'OTAN et Kaboul à promettre des enquêtes" (Les principales «bavures» en Afghanistan). Comme les résultats de ces enquêtes sont rarement divulgués il est facile de les initier et de conclure que la Loi des guerres et leur contexte global rendent ces événements inévitables et font en sorte qu'il soit difficile voire impossible de juger les responsables. Les conclusions sont sensiblement les mêmes : "Ces événements sont déplorables, mais il sont difficiles à éviter". "Ce bombardement de Kanduz est "inacceptable" selon plusieurs ministres des Affaires étrangères de l'UE". Ce sont les dommages collatéraux qui semblent appartenir de plus en plus aux normes acceptables et tolérables dans les conflits armés.

II. Un retrait progressif de toutes les forces étrangères

Combien de massacres de la population civile et combien de vies de soldats faudra-t-il sacrifier avant de prendre la décision de quitter l'Afghanistan et de mettre fin à cette "mission" ?
Pour plusieurs observateurs et analystes la stratégie actuelle est une impasse. Selon Nicolas Gros-Verheyde, "dans les mois prochains sera l'épreuve de vérité. Tout le monde le reconnaît. Mais la stratégie actuelle, même revue et corrigée par le général McCrystal, ne semble pas offrir à portée de main un futur meilleur. Reconnaître que depuis 8 ans, cette guerre a mal été engagée, mal déployée, et que beaucoup d'erreurs ont été commises, ne suffit pas. Retrouver la confiance de la population afghane juste avec quelques bombardements en moins et deux trois actions civilo militaires en plus paraît difficile" (Bruxelles2., L'Europe de la défense).

Conclusion


Nous l'avons déjà esquissé. La seule façon pour l'Occident de ne perdre la face en Afghanistan est de se retirer et de rapatrier ainsi les troupes le plus rapidement possible
. Il s'agit de la seule avenue qui va permettre de rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays. Cette guerre d'occupation a assez fait de ravages, de destructions et de massacres dans l'ensemble du territoire. Avouer leur défaite est pour les forces de la coalition un geste impensable à poser après tant d'années à combattre un ennemi que l'on considère encore comme des terroristes dangereux et appartenant d'emblée à l'Axe du mal. Le mouvement anti-guerre ne cesse de le répéter partout dans le monde. La guerre d'invasion de l'Afghanistan a assez duré. Il faut y mettre fin et consacrer désormais les efforts de coopération internationale à la reconstruction du pays pour le bénéfice premier de ses habitants. Avec l'arrivée du président Obama il a été permis de penser un instant à l'émergence d'une nouvelle approche et à la fin de ce cauchemar. Que se passera-t-il dans les prochaines semaines? Quel concept triomphera-t-il? La poursuite de la guerre ou la coopération pour le développement?


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