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Les herbes folles : Alain Resnais, notre père à tous

Publié le 04 novembre 2009 par Mathieutuffreau
Les Herbes follesDans les passionnantes Leçons de cinéma, recueil d’interviews par Laurent Tirard des grands cinéastes contemporains (Almodovar, Kusturica, Lynch, Lars von Trier, Scorsese, Claire Denis, Jarmusch, Audiard, etc.) sur leurs méthodes de travail, les cinéastes les plus cités par leurs confrères, toutes nationalités confondues, sont Hitchcock pour la forme, Godard pour le fond, Spielberg pour le succès public et le talent de narrateur… et Alain Resnais pour célébrer la curiosité de son cinéma qui n’a cessé d’évoluer depuis plus de cinquante ans. Alain Resnais a obtenu la reconnaissance en réalisant trois chef-d’oeuvres condamnant le colonialisme (Les statues meurent aussi, avec Chris Marker en 1953), l’extermination des juifs d’Europe pendant la seconde guerre mondiale (Nuit et brouillard, en 1955), ainsi que la violence contre les femmes qui avaient aimé des Allemands pendant la guerre, et la bombe d’Hiroshima (Hiroshima mon amour, en 1959). Depuis, il n’a cessé de renouveler ses expériences commencées par ce que le critique Serge Daney appelait sa vocation de “petit chimiste”, durant son adolescence vannetaise (et un Vannetais ne peut avoir tout à fait tort, comme nous le verrons dans deux semaines). L’alchimie continue avec Les herbes folles, où il filme une banlieue parisienne irréelle avec des rouges, des bleus et des jaunes saturés comme dans un film hong-kongais, en s’intéressant à un homme ordinaire, interprété par Alain Dussolier, qui s’attend à vivre une grande aventure avec la femme dont il a a trouvé le portefeuille. Il fait bientôt peur ce retraité qui s’ennuie dans sa grande maison, entouré d’une femme et d’enfants trop parfaits. Resnais filme simplement l’une de ces histoires où l’on croise le regard d’une belle femme avec laquelle on se sent prêt à vivre La Bible, L’Orestie et la Guerre des étoiles, avant de se dire que tout cela risque de faire couler beaucoup de sang, à moins que… Bien sûr, quelques choix semblent sortir d’un autre âge, notamment un solo de saxophone des années 80 ou des travellings insistants sur les dites herbes folles, mais l’amour pour les pères est parfois renforcé lorsqu’on les trouve vieux-jeu.
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