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Deux poèmes de Patricia Laranco.
Publié le 08 novembre 2009 par AnandaEt c'est alors la symbiose, la fusion,
l'inextricable osmose
entre Tout et Rien,
entre le vide et la plénitude qui ose,
entre le Réel et l'illusion du Réel.
C'est à se taper la tête contre les murs
ou contre l'écaille rugueuse des sauriens,
contre la crête de ces iguanes pygmées
qui se font gifler par des embruns grésillants.
C'est le moment du contournement maximal,
magistral
quand dorment les lézards lézardés
quand un unique mot, qui se veut de cristal
ramène à lui toute
la beauté
de l'inclus
et de l'exclu soudés
comme deux siamois.
- II -
Cassé. Brisé.
Moulu.
A la croisée des eaux.
Dépôts de moisissures duveteux qui palpitent. Qui jettent des halètements sourds, phosphorescents.
A la cîme des eaux.
Cassé. Brisé. Flêtri.
Le nez écrasé contre la vitre du sud.
Le nez écrasé, camus, des heures durant.
Yeux suppliant l'espace des pistes d'envol (trop de lignes).
Changement de décor.
Un matin. Chancelant.
Un chant du coq. Un très, très beau chant irisé.
Un corps...qui cherche sa raison d'être de corps.
Une jeunesse qui, telle un gisant, repose.
Sans vouloir que s'animent ses lèvres scellées au dessous desquelles se recroquevillent des milliers d'oracles qui ont intérêt à bien se tenir tranquilles.
Cassé. Brisé.
Les blés. Leurs coups d'ergot rageurs.
Le corps gisant que toutes directions prolongent.
La chair. Froide. Dont le froid marmoréen veille.
La chair couchée qui s'est faite anguleux carrefour.
Qui jubile à se faire point, noeud de convergences.
Et toutes les directions accourent vers lui.
Vers ce qu'il offre : ce regard vide, qui regarde le vide.
L'effervescence de l'espace
se secoue.
Toutes les directions - bonds, rebonds - se propulsent.
Je vois sagement couchée mes cônes de peau qui se cabrent et refusent le contact de l'air
Copeaux de peau râpeux, squames écailleux, rougis, écorchés par la grâce de la chair-de-poule.
Cônes de peau dressés, exorbités, debout.
Comme pour échapper à l'attraction terrestre.
Des champignons velus se sont groupés en petit cercle.
Ils tiennent conseil, sous les murmures de la pluie qui froisse.
Leur chair est noire, caoutchouteuse, veloutée. Ils sont gracieux.
Graciles, voilà le mot.
Ils fouillent la tignasse fauve des hauts talus, qui grimace.
Et puis, les couleurs.
Chaque couleur : carrée.
Chaque couleur affrontant une autre couleur.
L'éperonnant ou la poussant d'un coup d'épaule.
P.Laranco.
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