
Comme
Don Quichotte de Cervantès ouvrait un autre destin pour la littérature,
L’imaginarium du Docteur Parnassus rappelle ce qu’aurait pu devenir le cinéma s’il avait fait le choix de célébrer l’imaginaire plutôt que la raison humaine.
Comme beaucoup de films cette année, l’oeuvre de
Terry Gilliam dure vingt bonnes minutes de trop, mais elle nous emmène une fois qu’elle devient captivante de l’autre côté du miroir de ce saltimbanque minable, le Docteur Parnassus, condamné à vivre éternellement après un pari avec le diable, et à remettre à celui-ci sa fille une fois qu’elle aura 16 ans, la belle
Lily Cole (photo) au charme si envoûtant.
Les saltimbanques croisent la route d’un profiteur du business de la charité (Heath Ledger) pendu sous un pont, et plus rien ne sera comme avant. Car
L’imaginarium du Docteur Parnassus est aussi un étrange film testament et hommage au comédien disparu prématurément, qui réussit à voler le Joker à
Jack Nicholson dans Batman,
Le chevalier noir, et dans son dernier film à rien moins que
Johnny Depp,
Colin Farrell et
Jude Law, venus le remplacer après son décès.

On se plait à rêver de ce qu’aurait pu être un cinéma qui consacre le triomphe du
Voyage dans la lune de Méliès et des
Vampires de Feuillade plutôt que du réalisme des frères Lumière, et où chaque mercredi le public franchirait le miroir en quête de son plein d’imaginaire pour réenchanter le monde.
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