Sortie(s): Été 2004 / En dvd, le 18 novembre 2009
Éditions Potemkine et Agnès B.
L'histoire: Nishi est un mangaka méconnu, un type comme les autres, un type banal. Il retrouve un jour une amie du collège, Myon. Pendant toutes ces années, son amour pour Myon
ne s'est pas éteint. Seulement, la jeune femme est fiancée, et pour lui présenter l'heureux élu, elle invite à Nishi à la rejoindre dans le bar tenu par son père. Des yakuzas débarquent. Ils en
veulent au gérant. Nishi se fait descendre. Accueilli par Dieu, il refuse de mourir et se lance dans une course avec le Saint Père, qu'il doit remporter pour réécrire le cours de son histoire.
Vraiment un type banal, ce Nishi.
Adapté du manga de Robin Nishi, Mind Game, du cinéaste Masaaki Yuasa, est de ses
ovnis du cinéma d'animation voués à devenir rapidement culte. Réalisé par le studio 4°C, à qui l'on doit notamment Amer Béton, Mind Game est un trip visuel et
scénaristique à l'état pur, un grand plongeon dans un monde aussi délirant que complètement barré. Tout commençait pourtant assez normalement, le film ancrant, dans un premier temps, son intrigue
à l'intérieur d'un univers plutôt réaliste. Soit une ville nippone grisâtre, à l'heure des retrouvailles entre Nishi, un mangaka raté, et Myon, l'amour de sa vie, charmante demoiselle à la
poitrine très généreuse. Jusqu'à ce que ce Nishi en question se fasse assassiner aussi crûment que bêtement, déjoue la vigilance de Saint Pierre et retourne sur terre dans l'idée de
vivre sa vie dans la plus grande insouciance. Dès lors, le film se transforme en un grand fourre tout scénaristique, passant d'une course de voiture effrénée à une reprise du mythe de Jonas - ou
de Pinocchio, selon les références ! -, nos héros se retrouvant bientôt dans le ventre d'une énorme baleine où ils feront la connaissance d'un vieux monsieur un brin sénile.
Par l'utilisation d'un rythme particulièrement soutenu, Masaaki Yuasa livre une histoire au bord de la folie, usant encore et encore de différentes temporalités dans le but de nous perdre
toujours un peu plus. On passe ainsi de flash-back sur l'enfance aux rêves des personnages, des divagations de Nishi à la réalité, plus incroyable que ce à quoi peuvent penser
nos attachants héros. Nous embarquant dans une aventure sous acide, explosive, excitante et frénétique. Mais plus que l'histoire en elle-même, Mind Game est avant tout un grand choc visuel,
mêlant de manière surprenante des techniques d'animations aussi diverses que variées. De la 2D traditionnelle à une sorte de roman graphique, de la peinture aux prises de vues réelles. Le
résultat est détonnant, renforçant un peu plus cette transe hallucinogène dans laquelle Yuasa nous plonge progressivement. Un vrai melting pot de couleurs et de musiques pour une oeuvre
aussi magique qu'atypique. Jamais un film n'aura aussi bien porté son nom, Mind Game étant un long métrage presque proche de l'expérimental, fiévreux, hystérique et extravaguant.
Bonus:
Les fans se réjouiront de découvrir sur le deuxième dvd une drôle de version du film en animatics, c'est-à-dire, sous la forme d'un storyboard. Elle est accompagnée d'un documentaire sur les
techniques d'animations et les choix de mise en scène, le récit des multiples avant-premières et une série d'entretiens avec l'équipe du film. Enfin, on y trouve également un clip de la bande
originale sous la forme d'un concert filmé du compositeur Seiichi Yamamoto. Une édition très complète, donc, pour une oeuvre passée relativement inaperçue
lors de sa sortie en salle, à la différence de ses passages en festival où il fit grand bruit.
Mind Game, de Masaaki Yuasa. Editions dvd Potemkine et Agnès B. Disponible le 18 novembre 2009. Prix public conseillé: 24,95 euros.







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