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Débris de semaine : Bitterness

Publié le 15 novembre 2009 par Anthropia

Ryan Gander & Aurelien Froment

of any Actual Person, Living Or Dead

installation cartes postales

Gb Agency, Paris

Fiac 2009

Crédit photo Anthropia

 

 

 

Lundi

Emotion devant les dominos qui tombent les uns sur les autres. Mon mur à moi, c’est une histoire de frustration : le 9 novembre, je devais rejoindre Berlin, où mes collègues et moi avions un colloque ; Au dernier moment, ne suis pas partie, une histoire de maladie d’enfant. Me suis contentée d’un bout de mur qu’ils m’ont rapporté.

 

Etonnement devant la France qui fait son show du mur à la Madeleine. A quoi ça rime ? Des jeux et du pain pour le peuple ?

 

Barenboim à Berlin, pensée pour un ami artiste berlinois qui hait Barenboim. Pour cause de concert wagnérien à Jérusalem. Le Karajan d'aujourd'hui.

 

Mardi

Contente que demain, ce soit le 11 novembre. Un jour off dans la semaine, ouf.

Vu Les vies privées de Pippa Lee au cinéma. Pas abouti. Une femme qui tente de se penser, mais qui reste à la surface de ses vies. Typiquement américain, cette façon de ne jamais atteindre l’ego, toujours des moi sociaux.

 

Mercredi

Vu Le Concert. Un peu raté, mais sympa. Moins bien que Va, vis et Deviens. Je retiens une phrase qui m’a choquée. L’harmonie parfaite (le concert, l’orchestre), c’est ça le communisme. Comme si la musique avait ce don d’unir les gens. Comment aimer Tchaïkovski après la Shoah ? La musique n’est pas l’expression de l’âme. Elle est juste plus intime, parce que vibratoire, une affaire d’oreille interne. Mais c’est un leurre, en ce qui concerne l’illusion d’unité. A part ça, j’aime la musique. Mais pas pour sa pseudo-transcendance, pour le plaisir des sens.

 

Réminiscence du Wozzeck, partition et livret d’Alban Berg, d’après le bouleversant Woyzek, de Georg Büchner, pièce de théâtre, jamais finie, vue à Vienne par Alban Berg en 1914 ; l’opéra a été composé après la première guerre et monté en 1925 à Berlin.

 

Je l’ai vu, il y a quelques semaines à l’Opéra de Paris, suis sortie en miettes. Là, pas de facilité, pas de schubertinade, une maîtrise des passacaille et rhapsodie, mises au service d’un drame déchirant. L’histoire d’un soldat un peu dérangé, qui arrondit ses fins de mois en travaillant à côté, il se fait barbier pour son capitaine, devient cobaye pour un psychiatre un peu fou, tout ça pour donner quelques sous à sa compagne, avec qui il a un enfant. Mais Marie est volage, se laisse conquérir par un Tambour-major, attrait de l’uniforme, du mâle tout dehors. Wozzeck, qui ne voulait pas voir, lit sa déchéance d’homme trompé dans les yeux de l’officier et du médecin, et passe à l’acte. Un soir de lune rouge, il tue sa femme. Ecoutez un extrait, ici.

 

C’est invraisemblable de voir comment au début du XXème siècle, ces artistes avaient déjà l’intuition d’une société malade. La mise en scène de Christoph Marthaler est juste. Et Vincent le Texier, Wozzeck, troublant. La cantatrice aussi, Marie, Waltraud Meier.

 

Jeudi

Boulot, boulot, boulot, boulot.

 

Vendredi 13

Appris un nouveau mot. La paraskevidékatriaphobie, la peur du vendredi 13. il paraît qu’on en a eu trois cette année, des vendredi 13. Comme un dysfonctionnement, trois, c’est deux de trop. Mais trois belles opérations marketing pour la Française des Jeux. Vendredi 13, du faux symbolique, de l’encombrement de pensée.

 

Samedi

Découvert que j’aime de plus en plus les endives, même cuites. Bitter. Un peu comme cette semaine, un peu amère.

 

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