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Les écritures numériques (2)

Publié le 01 novembre 2007 par François Colin

Les écritures numériques (2)
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De tous les médiums connus, l’huile apparaît encore comme l’un des plus prestigieux  et des plus « nobles » ; bien qu’elle ne doive pas uniquement ses titres de noblesse à ses richesses d’écritures, on ne peut nier, que la peinture à l’huile se place en « souveraine ». Des plus riches empâtements aux glacis les plus subtils, elle prouve ses dires en premier lieu au travers de sa matière ; les secrets des grands maîtres, L’or des peintre, l’alchimie des médiums, le secret de la dissolution de l’ambre…

Nos musées regorgent de siècles et de siècles de maîtrise de l’huile et de nombreux auteurs la pratiquent encore aujourd’hui avec virtuosité et brio : de ce point de vue,  la peinture numérique ne pourra vraisemblablement pas rivaliser… et cela est sans doute très bien ainsi !

Mais c’est aussi grâce à la nature même de l’huile et de ses possibilités de mises en formes que ce médium se trouve être aussi exceptionnel ; capable de toutes les écritures, son pouvoir d’expression est des plus puissants pour qui sait le mettre en oeuvre… Des secrets trop bien gardés à la pauvreté toujours croissante des enseignements techniques, l’autodidacte se mesurant aujourd’hui à « l’huile » devra souvent s’armer de courage et de patience avant de voir surgir des textures subtiles et agatisées… En fait et pour beaucoup, cela restera malheureusement inaccessible.

Dire que cette matière parfois si convoitée et respectée ne pourrait être qu’un bénéfice secondaire en comparaison de ses facultés de mises en oeuvre qui seraient encore plus grandes ! 

L’analyse, même superficielle des caractéristiques des différents films picturaux composant une oeuvre à l’huile nous dévoile une grande partie de ses aptitudes à rendre toute chose vraisemblable et même plus ou autrement : transparence, semi transparence, opacité, finesse, épaisseur, empâtement, glacis, frottis, onctuosité, lourdeur, jus, demi-pâte, profondeurs physiques et optiques, et couleurs… les couleurs complémentaires, ou non, de nos « Eugène»…

Voilà  de quoi peindre et dépeindre le monde, le repeindre, le surpeindre… sous toutes ses formes et aspects, qu’ils soient connus ou non.

La peinture à l’huile peut interpréter et retranscrire au mieux toute chose selon sa composition, sa couleur, sa forme, sa texture, son degré de réflection, d’opacité et de transparence et bien sûr selon ce que nous en percevons premièrement… Et en l’enveloppant de plus dans une matière fascinante ?!

Que faire face à un médium si redoutable ?

Et bien, pour l’instant… rien qu’ajouter encore une autre de ses qualités, qui serait celle de l’application elle-même, la mise en oeuvre. L’huile  permet de travailler dans le frais, le demi frais et en reprise évidemment : ce luxe extraordinaire, souvent considéré comme une contrainte, autorise cependant tous les modelages et fondus, les précieuses structures des glacis.

Sans doute, avec un tel médium, faudrait-il parler de métier avant de parler d’art…

De ces trois atouts majeurs de la peinture à l’huile (application, rendu et matière), la peinture numérique en posséderait au moins deux et ne souffrirait donc principalement que de la matérialisation.

Il n’y a pourtant pas à faire de comparaison entre une gravure, une huile, une aquarelle ou un pastel gras et en aucune façon la matière ne devrait se mesurer à l’émotion (sauf si ce n’est pour l’auteur dans les contraintes de l’application). Cela reste toutefois un droit bien élémentaire de préferer le fusain ou la glycéro…

Les écritures numériques sont si vastes, le médium si polymorphe et performant, qu’il lui est également permis d’aborder de multiples rendus et effets des autres médiums. Il est ainsi et techniquement, un médium supérieur avec lequel peu d’autres puissent rivaliser, si ce n’est avec un, comme l’huile dont sa matière en ferait un ennemi redoutable. Un trouble certain s’empare encore de la plupart d’entre nous lorsqu’il s’agit de savoir ce que c’est et en quoi c’est fait puisque ça ressemble à…

Le médium numérique, par ses qualités, attributions et aptitudes techniques se placerait certainement comme un successeur de la peinture à l’huile : successeur et non rival, certes jeune et ambitieux… mais qui sur le plan de l’écriture, la surpassera aisément… par besoin avant tout, d’aller voir là-bas, plus loin, autrement… pour continuer et non commémorer.


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