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Changer EDF a l’occasion du sommet de Copenhague

Publié le 13 décembre 2009 par Dornbusch

Plus de 50 nouvelles centrales électriques à charbon seront mises en opération en Europe dans les années à venir. Chacun a bien conscience que cette situation pose un vrai problème au regard des émissions de CO2.

Pourtant la solution n’est pas simple car il n’est pas question de restreindre la création de nouvelles centrales thermiques. La demande d’électricité est en croissance au point que des situations de pénurie apparaissent ponctuellement en Europe. Les nouveaux projets de centrales nucléaires mettront des années à surgir et ne pourront techniquement répondre aux pics de demande. Les énergies renouvelables sont en croissance mais ne peuvent en l’état actuel correspondre à l’ensemble des besoins.

Comment donc permettre à l’offre d’électricité de répondre à cette situation de demande tendue à court terme tout en favorisant sur le long terme la réduction des émissions de CO2 ?

Une mesure simple pourrait être proposée conciliant production à court terme et économies à long terme : l’autorisation de création d’une nouvelle unité de production devrait être conditionnée au dépôt d’un montant proportionnel de certificats d’économie d’énergie.

En clair, si demain « ED-POWE-SUE» dépose auprès des acteurs administratifs une demande pour la création une nouvelle centrale – à charbon ou autre énergie - de 300 MégaWatt (MW), il devrait simultanément produire des certificats d’économie d’énergie pour 300 MW.

Les outils réglementaires et techniques correspondant existent depuis la loi du 13 juillet 2005 qui organise la définition et la certification des économies d’énergies.

Ce mécanisme est d’inspiration libérale en ceci qu’il permet aux entreprises de l’énergie de réaliser des arbitrages mais l’outil créé est également d’une grande souplesse pour l’acteur étatique qui peut sans incitation financière favoriser telle ou telle filière en fonction de la situation. Ainsi créer 1 MW d’origine thermique pourrait par exemple nécessiter aujourd’hui 100% de certificats d’économie d’énergie pendant que le nucléaire pourrait en nécessiter uniquement 50% et les énergies renouvelables 1% - symbolique - jusqu’à ce que les facteurs énergétiques mondiaux conduisent à faire évoluer ces coefficients.

Cette proposition présente trois avantages.

Premier avantage : le Grenelle de l’environnement a identifié la rénovation énergétique des bâtiments, qui représentent plus de 40% de la consommation d’énergie, comme un axe majeur. Or on sait que c’est sur la rénovation des bâtiments anciens que l’essentiel va se jouer mais qui pourrait payer cet énorme chantier  de 600 milliards d’euros pour 20 millions de logements soit 30000 euros par logement ? Les particuliers déjà touchés par la baisse du pouvoir d’achat ? L’Etat - en déficit - à travers de nouvelles réductions d’impôt ?

Par ce nouveau mécanisme de certificats, on tient un moyen de faire financer la rénovation énergétique du parc immobilier ancien par les grandes entreprises du secteur énergétique dont on connaît les profits actuels. En effet celles-ci devront soit financer directement des programmes de rénovation, soit racheter des certificats d’économie d’énergie, si elles veulent créer de nouvelles unités.

Bien entendu, il n’y a pas de miracle, les coûts ainsi engagés pour des travaux d’économie d’énergie seront répercutés à terme sur le prix de l’énergie payé par le consommateur final. Cependant les travaux et les dépenses liés aux économies d’énergie seront réalisés à très court terme alors que les coûts seront étalés sur la durée d’amortissement des centrales, une trentaine d’année voir plus.

D’où le deuxième avantage, cette valorisation massive des certificats d’économie d’énergie va injecter rapidement des montants considérables dans la filière des « économies d’énergie ». De l’explosion de la Recherche et Développement sur les « éco technologies » aux travaux sur sites, des dizaines de milliers d’emploi d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers être créés. Les « clean technologies» peuvent enfin devenir un nouvel axe de développement et de leadership pour l’industrie française et européenne.

Enfin troisième avantage, cette nouvelle politique énergétique créatrice de « négaWatts » doit permettre d’inverser structurellement la courbe de demande d’énergie électrique à long terme et espérer atteindre après quelques dizaines d’années le fameux « facteur 4 » de réduction de la consommation.

Cette mesure permettrait donc de pousser les compagnies énergétiques à réinvestir rapidement leurs superprofits actuels au bénéfice de l’habitat de l’ensemble des citoyens et du développement durable de notre planète.

David Dornbusch


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