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Madame Bovary et moi

Par Bellgarath

9782070413119

Madame Bovary et moi avions fait connaissance il y a quelques temps, nous avions bien sympathisé. J’avais donc décidé de les emmener en vacances, elle et son père Gustave Flaubert.
Emma Bovary est une jeune femme charmante, rêveuse, qui s’abreuve de romans d’amour dans sa campagne natale. Elle a rencontré un jeune médecin qui est tombé follementamoureux d’elle. Il faut dire qu’Emma est d’une grande beauté et son élégance naturelle en fait une personne hors du commun, surtout en pleine campagne normande. Son mari est très gentil mais franchement, il ne fait pas l’affaire. Elle s’en rend compte rapidement et réalise que sa vie va être médiocre, sans éclat, sans paillettes. Elle qui rêve tant de mener la grande vie à Rouen ou à Paris ! Du coup, Emma n’est pas ce qu’on pourrait appeler une femme heureuse. Elle va de déceptions en déceptions, la tristesse s’installe, les amants lui font plus de mal que de bien... Elle se débat pour ne pas couler sous cette petite vie qui l’étouffe mais rien n’y fait, elle avance inexorablement vers sa triste fin.

Il y a plus joyeux pour une lecture estivale, me direz-vous. Certes. Et pourtant, l’emporter avec moi en vacances m’a permis d’avoir plus de temps pour apprécier chaque phrase du roman, car l’écriture de Flaubert est réellement sublime. Les dialogues ont pris un coup de vieux, mais l’ensemble du roman est d’une grande modernité. Pour beaucoup, ce roman doit rappeler les bancs de l’école, les fiches de lecture, la peur de la mauvaise note. Ceux-là ont certainement trouvé le livre long, pas toujours intéressant et l’écriture ampoulée. Pourtant, l’avantage de lire un tel livre de son plein gré, c’est qu’on en apprécie mieux chaque mot, chaque tournure de phrase, chaque subtilité. Flaubert nous régale alors avec son style très maîtrisé. En une tournure de phrase, l’anodin devient terrible, le quotidien devient carcan, l’habitude devient exaspérations. Il décrit avec une justesse incroyable les pensées d’Emma Bovary et sa chute progressive dans un désespoir profond et total.

Alors le temps d’un livre, oubliez vos préjugés et vos angoisses écolières et plongez dans ce livre qui a révolutionné la littérature ! Certes, il n’y a pas de suspense haletant comme dans le Da Vinci Code, certes, l’histoire ne se finit pas en happy end comme dans un Marc Levy. Mais c’est aussi ça qui fait la différence entre un roman de plage et la grande littérature.

Au dos du livre : « C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle. Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une œuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise. »

Un travail incroyable a été réalisé pour scanner toutes les pages des manuscrits de Flaubert. Vous pourrez les feuilleter à cette adresse et admirer le travail d’écriture, de réécriture, de ré ré ré écriture… www.bovary.fr


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