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Yann Moix: comment (tenter de) gagner de l’argent quand on ne vend pas assez de livres

Par Lise Marie Jaillant

Yann Moix_Roman Polanski

Les Anglais ont un mot pour les journalistes de seconde zone qui écrivent ultra rapidement pour gagner leur vie: les “hack writers”. Et Yann Moix est définitivement tombé dans cette catégorie:

Souvenez vous de “Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson”. Le Roi du Pop est mort le 25 juin dernier, et le chef d’oeuvre de Yann Moix est sorti le 8 septembre. Un travail complètement bâclé, indigne d’un journaliste de Voici. Les lecteurs n’ont d’ailleurs pas été dupes, puisque le livre s’est vendu à seulement 7000 exemplaires.

Son dernier livre a fait un flop? Qu’à cela ne tienne! Six mois après, Yann Moix remet le couvert avec un livre en défense de Roman Polanski prévu en mars 2010. Un “évènement” intéressant pour deux raisons:

  1. Comme tout pion du champ artistique, Yann Moix partage des “valeurs” douteuses fondées sur l’apparence, le culte du moi(x), et le mépris des bourgeois respectueux de la loi. Toute la hiérarchie artistique – du plus minable au plus VIP – voit Polanski comme une victime persécutée par un juge haineux. En ça, Moix et ses potes sont en décalage total avec l’opinion de Monsieur ou Madame Lambda, qui se demandent comment on peut droguer et violer une gamine de 13 ans en toute impunité. Pour info, la photo ci-dessus a été prise en 1977 en Allemagne, alors que Polanski était sous contrôle judiciaire après que la victime ait portée plainte…
  2. La sortie de ce nouveau livre dévoile également la précarité du business de l’édition. A défaut de vendre des livres, il faut produire, produire, produire. Voilà pourquoi Richard Millet sort deux livres en janvier dans sa propre maison, tout comme Charles Dantzig. 7 000 ventes multipliées par 2, ça fait 14 000, ce qui commence à faire un revenu correct.

Sauf qu’à force de saturer le marché avec des livres de qualité médiocre, Yann Moix et les autres ont fini par dégoûter tout le monde. Qui, parmi vous, a acheté un bouquin chez Grasset récemment? Personnellement, je ne débourserai pas un centime sur le nouveau Yann Moix, et je ne serai sûrement pas la seule. Et après, on nous répète que les manuscrits envoyés chez Grasset & Co ne sont pas au niveau des chefs-d’oeuvre d’écrivains publiés. Effectivement, n'est pas "hack writer" qui veut...


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