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Eloge de la cocotte

Publié le 13 janvier 2010 par Jfa

Je republie un post de Mai 2008 qui est régulièrement visité.

Il y en a une dans presque toutes les familles européennes, plus ou moins neuve, plus ou moins culottée, plus ou moins abîmée. Elle sert aux daubes et ragoûts, aux blanquettes, aux joues de porc braisées, aux lapins et poulets sautés. Chez moi elle sert aussi aux caris de porc ou de mouton, au poulet au citron, au mouton à la berger du Léon… Elle braise, elle étouffe, elle mijote, elle saute… Avec elle, la viande fond, récupère d’incomparables saveurs et se mange avec une simple fourchette.

La mienne a plus de 40 ans, achetée très peu après notre mariage, elle a survécu à d’innombrables déménagements. Signe d’une époque où nous ne roulions pas sur l’or, elle est en fonte d’aluminium, ce qui ne vaut pas la vraie fonte. Cadeau apprécié, elle est maintenant en concurrence avec une “vraie”, offerte récemment par une amie. Bien que régulièrement et soigneusement récurée après chaque utilisation, elle est maculée, noircie comme si elle tenait à conserver la mémoire de toutes les bonnes choses dont elle nous a régalé.

Dernièrement, discutant avec des couples plus jeunes, je me suis aperçu, signe de temps de fast-food et de plats cuisinés, que son usage se faisait plus rare, que certains n’en possédaient pas et n’en ressentaient pas le besoin. Il faut dire qu’au prix plus que confortable qu’elle atteint aujourd’hui, une cocotte en fonte constitue un investissement d’envergure et que, habitudes alimentaires évoluant, sa possession n’est souvent plus prioritaire.

Je le regrette car la cocotte constitue, à mon avis, un signe fort : celui d’un temps maîtrisé pour des cuissons longues et à surveiller, des recettes que les familles se transmettent générations après générations, chaque fois affinées et adaptées aux goûts de l’époque. Avec elle, indispensable à des “cuisines de pauvres”, les “bas morceaux” atteignent les qualités des plus nobles. Elle est aussi représentative du temps des vrais repas assis autour de la table, mais une table où les enfants, heureusement, peuvent maintenant parler. Chez nous, elle est aussi le signe de grandes tablées régulières rassemblant les amis, symbole fermé d’une table ouverte.

En ces temps de défiscalisation accrue des héritages, récent cadeau de N. Sarkozy aux plus riches, je compte bien transmettre un jour les miennes à mes enfants, et surtout, j’espère qu’ils en conserveront l’usage ainsi que les moeurs conviviales qui les accompagnent.

- “Crise financière, comment éviter l’explosion” par Pierre Larrouturou. Le Monde.

- “La France qui se lève tôt est malade”. Le Monde.”S’il y a quelques années encore, les salariés et la société avaient une vision claire de leur rôle central au coeur du processus de production, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ils savent, en effet, qu’ils sont de plus en plus considérés comme un élément parmi d’autres dans la chaîne de valeur qui va de l’idée au produit, au même titre que les matières premières, la marque, la capitalisation ou les opportunités de marché”. Les conclusions de l’auteur sont intéressantes à réfléchir.

- “Appel contre l’indignité”. Le Monde.


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