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Non ma fille tu n’iras pas danser

Par Gicquel

«  Non ma fille tu n’iras pas danser » ( France Télévision )

Date de sortie cinéma : 2 septembre 2009
Film disponible en DVD le : 20 janvier 2010

Me voilà rassuré. En découvrant sur l’affiche du dernier film de Christophe Honoré un slogan impératif «  Vivez libre », je pensais qu’entre le film et cette injonction, le hiatus était profond. Si l’histoire  est bien celle d’une quête de la liberté, elle apparaît au fil des images profondément dépressive . En tout cas, nullement revendiquée par le film comme un reliquat soixante-huitard .

Non ma fille tu n’iras pas danser

Dans les suppléments, Christophe Honoré reconnaît en effet  qu’il n’a pas eu son mot à dire sur cette approche disons promotionnelle. Il  la rejette totalement . «  J’ai filmé une femme qui s’affranchit, c’est certain, mais sa liberté a un goût très mélancolique ». Un désenchantement passionnel .

C’est Léna . En quittant son mari  ( Jean-Marc Barr, décidément trop rare au cinéma ) elle assume toutes les conséquences de son acte , sans imaginer que la plus fâcheuse est celle d’affronter sa famille qui ne demande qu’à l’aider. De cette histoire, le cinéaste nous livre une version  névrotique, à laquelle il ne nous avait pas habitué, malgré des sujets très forts  développés dès le début de sa carrière ( «  Ma mère» ) .

Non ma fille tu n’iras pas danser

Cinq-six films  plus tard, le réalisateur  est devenu un formidable portraitiste ( «  Les Chansons d’amour » je ne m’en lasse pas ) sur une palette émotionnelle , aussi belle qu’infinie.

Non ma fille tu n’iras pas danser

«  Non ma fille tu n’iras pas danser » est alors à ce jour son film le plus difficile à cerner dans cette nouvelle approche familiale , thématique récurrente sur laquelle les suppléments reviennent de manière très originale.

Si Léa est bien au cœur  récit ( «  son personnage dit beaucoup sur la femme d’aujourd’hui » relève Honoré ) , c’est une même destinée de femmes que dévoile le film , en compagnie d’une sœur et d’une mère qui un jour ont connu les mêmes affres sentimentales . Chiara Mastroianni, Marina Foïs, Marie-Christine Barrault , un trio parfait dans l’objectif du cinéaste qui sait les faire parler , même dans le plus grand des silences.

Entre la violence souterraine de l’une et les non-dits des autres , le récit se construit dans un cadre quasi idyllique, la Bretagne du lac de Guerlédan , contraste paisible et rassurant qui sied parfaitement à l’artiste  de retour au pays .

Au point de nous rappeler une très belle légende d’une fille qui au XVI è siècle refusa  les hommes et préféra épouser la mort . C’est un chapitre du film , qui le résume assez bien et qui aurait pu alors figurer en préambule, plutôt que de s’imposer un peu bizarrement au cœur même du récit .

Cliquer ici pour voir la vidéo.

LES BONUS

Entretiens avec Marina Foïs, Chiara Mastroiani et Christophe Honoré

Les familles du Cinéma , vues par Christophe Honoré. C’est ainsi qu’est chapitré ce supplément, mais à mon avis ,il faudrait plutôt parler des «  familles au cinéma » . Car l’idée ici reprend  intelligemment quelques grands films familiaux et  les soumet à la sagacité d’un réalisateur tout aussi préoccupé par cette thématique .

Olivier Assayas pour «   Clean », Jacques Demy avec «  Les Demoiselles de Rochefort » ou Cronenberg ( «  A History of Violence» ) , les réflexions sur le sujet sont pertinentes et permettent de resituer Honoré dans un cinéma pour lequel il s’impose de plus en plus comme un novateur .


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