Magazine Cuisine

Richard Leroy (Rablay/Layon) : un coeur de lion (8)

Par Daniel Sériot

Présentation et commentaires d’Isabelle

Découverte des Montbenault 2005 et des Montbenault 2006.

Un superbe cadeau que nous fait Richard.

Il nous emmène dans ses vignes ! Elles sont superbes. Elles semblent se poser sur un jardin anglais où la perfection de la tenue équivaut la perfection des soins qu’il leur prodigue. Sauf que Richard, dans sa grande humilité – et il est un exemple dont on peut se souvenir – raconte ses difficultés, ses hésitations, ses erreurs.

Richard parle du bouchage : « Il faut être bon pour le bouchage. Moi, je ne suis pas bon dans le bouchage. En fait, dans le vin, il faut toujours aller plus loin. Tout doit être réfléchi pour être mené à son optimum. Après les raisins, l’élevage, la mise en bouteille, se pose le problème pour moi du bouchage. En tout, pour mes vins, il y a un peu plus de deux ans d’élevage. Mais je considère qu’il faut surtout mettre le vin en bouteille quand il est prêt. Ce n’est pas toi qui décides quand le vin est prêt. Avant de procéder à une mise en bouteille, il est nécessaire d'estimer le degré d'avancement de la fermentation malolactique.

Un vin qui est encore en fermentation ne s’oxyde pas, mais dès qu’il est dégazé, il ne s’oxyde plus. Or, je ne maîtrise pas le gaz carbonique.

Après se pose le problème de la barrique, de l’histoire de la barrique qui fait sa crise d’adolescent… et en juin, elle revient ! C’est ce qui s’est passé pour les barriques des Rouliers »

2006 et 2005 ne présentent aucun sucre résiduel. 2008 en comportait seulement 3 grs !

Montbenault 2006, 13°5 et rendements à 20 hl/ha

Olfaction iodée, marine, saline, fruitée de citron jaune et de pamplemousse.

La bouche est d’un moelleux et d’une souplesse redoutables, alors même qu’elle s’est annoncée par un vif tranchant, parce qu’elle contient une acidité sous-jacente, structurante, étirant alors une finale qui éteint cette acidité et pouvant maintenir la poire en ultime saveur. La complexité croissante des saveurs s’appuie sur les différents registres des amers agrumés et minéraux. L’élevage joue d’une continuité de partition comme d’un bécarre pour temporiser les contrastes : impressions nettes de marrons glacés et de goût de noisette.

La finale est savoureuse et d’une chaleur douce.

Montbenault 2005

Nez de pomme compotée mais fraîche, particulièrement épicée, puisque des odeurs de pain d’épices sont dominantes. Apparaît sans doute l’impression de truffe. Pour Daniel, nul doute !

L’olfaction est foisonnante. Et la bouche est somptueuse. Son acidité apporte des amers plaisants, et relève des impressions minérales particulières (que je ne parviens pas à discerner vraiment :carbone, graphite… encre ?)

Elle est pleine, remplie, dense. Remplie du goût de fruits rouges et dotée des plus belles expressions de la poire. En fait, l’aération progressive et la vie au grand air remplissent le verre d’arômes myriadaires, d’agrumes (citron jaune) de noyau (cerise, amande, noisette…) de marrons glacés, de confits divers … et (je finis par le reconnaître… !) de truffe.

La finale est d’une réelle fraîcheur. Mieux encore ! elle enivre à n’en plus finir sur une douce chaleur qui réconforte sur ces coteaux du layon bien engoncés dans le froid de janvier.

Commentaires de Daniel

Noëls de Montbenault 2005

La robe a une couleur dorée assez soutenue, le nez est pur, d’une bonne intensité, avec des arômes de truffes blanches, de poires très mûres, de mirabelles, d’agrumes variés ; la bouche est très pleine, avec une très belle chair, des saveurs fruitées variées et expressives; beaucoup de densité dans une milieu de bouche, profond à la texture veloutée, l’acidité « mûre » présente dès l’attaque donne de la fraîcheur, et de la tension au vin. La longue finale parfaitement dessinée est savoureuse, fraîche, minérale, l’élevage est parfaitement intégré. Noté 17,5

Noëls de Montbenault  2006

La robe offre une belle couleur or foncée, l’olfaction laisse percevoir une grande maturité de fruits, avec des parfums de poir d’une grande pureté, des notes de coings, de mandarine et d’épices douces ; la bouche est veloutée, ample, avec une chair serrée et compacte qui structure parfaitement le vin dans son centre, les saveurs de fruits mûrs sont pures et d’une bonne intensité, la finale est très persistante, parfumée d’une bonne fraîcheur, malgré la richesse du vin, bien équilibrée ,et minérale en ultime sensation : noté : 17.

20100102_662R_Leroy

20100102_667R_Leroy


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Daniel Sériot 20615 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines