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Concert : AIR au Casino de Paris.

Publié le 15 janvier 2010 par Alexisp
Concert : AIR au Casino de Paris.
Les 11 et 12 janvier dernier, le duo électro AIR occupait le Casino de Paris pour un show enflammé et parfaitement mené. Un grand moment.
Prologue
Pour ceux qui en doutent encore, AIR est sûrement le groupe le plus prodigieux de ces dernières années. Un talent mélodique hors-pair, des tubes attestés (Sexy Boy, Cherry Blossom Girl, Sing Sang Sung), un prestige mondial, Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel sont depuis quinze ans les meilleurs représentants de la French Touch. Pour leur nouvelle tournée, débutée en novembre dernier après la sortie de leur album Love 2, le duo versaillais a fait une courte escale parisienne pour livrer un spectacle très réussi.
Il fallait y être de bonheur. Dès 18h, une bonne cinquantaine de personnes campaient déjà devant les portes du Casino de Paris. Le froid était glacial mais pas un ne se plaignait, enthousiasmé à l'idée de voir les génies de l'électro contemporaine. Une heure plus tard, la file d'attente s'étendait sur une bonne partie de la rue de Clichy. Les voitures klaxonnaient, les passants rouspétaient. Certains vendaient des places pour le concert à des prix faramineux, mais trouvaient des acheteurs. Vers 19h30, les portes s'ouvrirent enfin devant le soupir de satisfaction des fans transis de froid.
Immersion dans l'atmosphAIR
Les places étant non-numérotées, je me dirige directement aux balcons dans l'espoir d'en trouver une libre. La salle se remplit petit à petit. Etant parmi les premiers entrés, je m'incruste dans les premiers rangs entre deux couples sympathiques. La vue est parfaite, la scène est plutôt proche et surtout, je suis assis. Le concert doit commencer à 20h, j'ignore qui fait la première partie. Après une bonne demi-heure d'attente, les lumières s'évanouissent peu à peu, la salle bondée est plongée dans le noir. La foule applaudit. Un groupe de trois jeunes hommes apparait alors. Leur nom, 1973. Honnête musique pop/folk aux inspirations 70s, le trio est bien accueilli. Vers 21h, le "vrai" concert commence. Tout à coup un AIR lumineux surgit sur un écran géant, Nicolas et Jean-Benoît apparaissent, se mettent en place. L'un s'empare de sa guitare, l'autre pose les mains sur ses claviers délirants. Ils sont accompagnés ce soir d'un batteur anglophone; très, très bon.
Premier morceau marquant, "Space Maker" nous met gentiment dans l'ambiance, nous invite au voyage qui s'annonce inoubliable. Mais le show commence vraiment avec "Do the joy", hymne érotico-eschatologique puissant de leur dernier album. Le ton est donné, le public est déjà conquis, siffle, crie et entonne les refrains entêtants. S'ensuivent les plus grands morceaux du groupe depuis Moon Safari leur premier album. L'ambiance est brûlante, le duo possédé mais très discret entre chaque morceau. Nicolas remercie le public avec son vocoder. Temps forts du concert, les envolées oniriques de "Radian", "Le voyage de Pénélope" et "La femme aux doigts d'argent". Plus rock, la foule s'est déchainée sur "Missing the light of the day" et son beat surpuissant, "Venus", "Be a bee" ou encore "Alpha Beta Gamma". Au final, ce sont entre quinze et vingt morceaux que AIR nous propose dans des versions parfois réarrangées ou instrumentales. C'est ainsi le cas de "Highschool lover", le thème génial de The Virgin suicides de Sofia Coppola.
L'euphorie d'une nuit d'hiverAu bout de deux heures d'un concert démentiel et d'une ovation méritée de plusieurs minutes, le duo s'esquive humblement après quelques courts remerciements. La musique est leur expression, pas les mots visiblement. Très vite, l'état de manque nous rattrape. On aurait bien continué le voyage avec eux toute la nuit. Pour se consoler, on se rue en masse sur le petit marchand de souvenirs débordés vendant tee-shirts, cartes postales et autres "studio sets", histoire de garder une trace physique de cet orgasme psychique. En passant les portes du Casino de Paris, le froid sibérien se retrouve mâtiné d'une euphorie plaisante, l'air se fait plus léger; effets secondaires d'un duo absolument essentiel.

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